Le Paris des Parisiens
Ophélie Garrault, une femme chez les pompiers de Paris
Ce 8 mars a lieu la Journée Internationale des droits des femmes, et hasard du calendrier l'Hôtel de Ville accueille une expo sur les pompiers de Paris, corps prestigieux s'il en est, mais pas forcément réputé pour sa mixité. Nous en avons profité pour rencontrer Ophélie, membre de la BSPP, qui nous donne en bonus ses meilleures adresses à Paris...
Ophélie Garrault

Quand on demande aux enfants le métier qu'ils voudraient faire plus tard, pompier revient presque toujours, entre astronaute ou docteur des animaux. Le beau camion rouge à échelle télescopique, le casque brillant et l'uniforme, le côté héros du quotidien sans doute... Mais convenons-en, c'est souvent pour fanfaronner, et très peu le deviennent effectivement. Ophélie Garrault ne fanfaronne pas, loin de là, et fait même figure d'exception. D'abord parce que pour elle, il n'a jamais été question d'intégrer une autre brigade que celle des pompiers de Paris. Mais aussi parce qu'elle est une femme, dans une brigade qui n'en compte que 3%...

Sapeur-Pompier de Paris en intervention
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Pour manger
Un resto de "sushi-burrito" ! C'est très bon, la déco est originale, c'est vraiment parfait pour manger sur le pouce!
Fummi
124 avenue Parmentier
Paris 11E

Si ce rêve est toujours resté dans un coin de sa tête, Ophélie n'a été incorporée qu'à 24 ans et 10 mois, alors que la limite d'âge est fixée à 25 ans! Passionnée de sport depuis toujours, pratiquant le handball, la gym et l'escalade, elle passe une licence STAPS, avant de travailler dans les métiers de la forme, puis dans l'animation avec des tours operators. Elle tente in extremis sa chance chez les pompiers de Paris, séduite par leur image d'élite de la profession, ainsi que par leurs spectaculaires campagnes de recrutement, pour le moins efficaces... La sélection est dure, mais elle est compétitrice dans l'âme, et entraînée. Après avoir réussi le concours débute pour elle une phase de 6 mois d'instruction, et autant de mise à l'épreuve.

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Pour courir
Idéal pour le sport, je cours rive gauche, du Musée d'Orsay jusqu'au 13è. C'est tranquille, et on croise plein de runners en cours de route...
Rive de Seine
Port de la Bourdonnais
Paris 7E

Sur le terrain, j'ai la vie des gens mais aussi de mon équipe entre les mains

Ophélie Garrault

Quand elle arrive au centre de Puteaux en 2011 avec une autre recrue féminine, elles sont les premières à intégrer un environnement jusqu'alors entièrement masculin. Dès le début, elle est "testée" par ses collègues, et l'est d'ailleurs encore chaque jour. En tant que femme, elle doit faire ses preuves, montrer qu'elle est aussi compétente et efficace. On lui fait ainsi porter "l'échelle à crochets", réputée lourde, et difficile à gravir, à bout de bras. Rapidement elle conquiert le respect de ses pairs, mais n'en reste pas là. De celle qui épaule celui qui tient la lance à incendie, elle veut passer à celle qui la tient. Confiante, performante, elle gravit un à un les échelons, jusqu'à devenir sous-officier (sergent), commandant son équipe lors des interventions.

Image extraite de l'expo "Pompiers de Paris"
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Pour une bonne soirée
Façon Jamel Comedy Club, des humoristes font leur show au sous-sol. On est proche des artistes, et on fait des super découvertes!
Panam'art Café
14 rue de la Fontaine au Roi
Paris 11E

Si elle est bien intégrée dans sa caserne, Ophélie reconnaît que le machisme y sévit encore largement. Outre les préjugés sur la capacité des femmes à faire aussi bien que les hommes sur le terrain, les réflexions en apparence anodines (ou non) continuent de faire le quotidien des femmes pompiers. Mais l'acceptation ne doit pour elle pas passer par une sorte de "virilisation". Pour s'épanouir dans un milieu très masculin, les femmes doivent sans cesse prouver leur valeur, certes, mais sans pour cela tout faire pour "ressembler aux hommes". Elle met ainsi un point d'honneur à rester "féminine" dans l'image qu'elle renvoie, comme dans son comportement à la caserne. Tout en insistant sur le fait que sur intervention, les pompiers doivent rester un corps indivisible, où hommes et femmes représentent un seul et même uniforme, sans distinction de genre.

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Pour faire du shopping
Déjà le lieu est très beau, rien que pour se promener c'est super, et puis il y a évidemment plein de boutiques de créateurs, j'adore ça...
Le Bon Marché
24 rue de Sèvres
Paris 7E

D'après Ophélie, le commandement a à cœur de faire évoluer la situation, en recrutant plus de femmes notamment. Leur approche plus "pédagogique" que par le passé dans l'instruction, moins militaire, contribue sans doute à influer sur les mentalités, vis-à-vis des jeunes par exemple. Mais si les volontés des supérieurs vont dans le bon sens, il reste encore du travail pour changer véritablement le regard porté sur les femmes chez les pompiers.

Image extraite de l'expo "Pompiers de Paris"
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Pour décompresser
Pas besoin d'expliquer, c'est juste parfait pour se poser, respirer au calme... et AUSSI pour faire du sport !

Ophélie reste passionnée par son métier. Elle aime l'absence de routine, dans l'emploi du temps comme, évidemment, dans la variété des tâches. Bien sûr, chaque jour a son lot d'actions plus ou moins anecdotiques, comme lorsque les pompiers doivent traiter avec leurs "habitués", ou quand parfois ils doivent intervenir concernant, par exemple, des objets ayant été détournés de leur usage initial, et on n'entrera pas dans plus de détails. Mais par ailleurs, on a peine à imaginer d'un œil extérieur l'intensité physique et émotionnelle inhérentes à certaines interventions. Un dépassement de soi est nécessaire lorsque des vies sont en jeu, et ce ne sont pas là des paroles en l'air.

Ophélie ne joue pas les héroïnes lorsqu'elle raconte qu'avec un équipier, elle a sauvé une vieille dame prise au piège du neuvième étage d'un immeuble en feu. La ramener saine et sauve en la portant dans un escalier en proie aux flammes l'a évidemment marquée, sans doute plus que tout autre sauvetage, mais elle relativise. Cela fait juste partie du quotidien des sapeurs pompiers, de Paris ou d'ailleurs. Des exploits pour eux presque banals, que vous pouvez admirer en images à l'Hôtel de Ville jusqu'au 29 avril.

Exposition "Pompiers de Paris"

Hôtel de Ville - Salle des Prévôts
Esplanade de la Libération, 75004 PARIS

Du samedi 4 mars 2017 au samedi 29 avril 2017

gratuit
évènement terminé
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