Formats augmentés et contenus interactifs
Et comme d’autres acteurs privés et publics, la MEP met en cette période à disposition de ses publics une série de contenus qualitatifs, exclusivement pensés au regard du contexte que nous vivons.
Au programme cette semaine sur ses réseaux sociaux: des éclairages quotidiens sur les œuvres de l’exposition Erwin Wurm Photographs, un Take Over d’une journée par l’artiste Gangao Lang, dont l’exposition est présentée au sein du Studio, un un format interactif, le "Erwin Wurm Challenge" qui lance à ses followers le défi de devenir une sculpture le temps d’une minute, ou encore un workshop visuel "art et société" animé par Kenza Aloui, le 9 avril.
Belle initiative lancée par la photographe Marguerite Bornhauser, le concours "Fenêtre ouverte" invite les participants à réaliser une œuvre photographique mettant en scène cet objet du quotidien qu’est la fenêtre: autour de la lumière qu’elle introduit dans notre intèrieur, de la frontière, la vitrine, l’ouverture qu’elle constitue... A partir du 6 avril, partagez en post Instagram la ou les photos que vous avez réalisée(s) sur la thématique en veillant bien à mentionner les hashtags #FenetreOuverte et #Fenetresurlautre ainsi que la mention @mep.paris afin que votre contribution soit prise en compte.
Le site web de la MEP accueille également en cette période de nombrreux nouveaux formats: podcasts, performances vidéo, éclairages d’œuvres, activités pédagogiques… accessibles dès la semaine prochaines.
Des expositions virtuelles
Love, Ren Hang
Composée essentiellement de portraits – d’amis, de sa mère ou de jeunes chinois sollicités sur internet – mais également de paysages et de nus, l’œuvre de Ren Hang est immédiatement reconnaissable. Ses photographies, si elles semblent mettre en scène ses sujets, sont pourtant le fruit d’une démarche instinctive. Leur prise de vue, sur le vif, leur confère légèreté, poésie et humour.
À travers une approche chromatique, l’exposition propose une plongée dans les différentes constellations oniriques de l’artiste : la présence du rouge, les couleurs acidulées, une salle consacrée à sa mère, une autre, plus sombre, dédiée à des prises de vue nocturnes. Enfin, une dernière salle rassemble ses travaux plus "osés", sur le corps, créant un lien, fort et organique, entre l’érotisme et la nature.
Yingguang Guo - THE BLISS OF CONFORMITY
Avec "The Bliss of Conformity", l'artiste chinoise Yingguang Guo présente un ensemble de photographies et un film, images à la fois documentaires et métaphoriques témoignant d’un usage bien spécifique de l’espace public en Chine. Chaque week-end, de nombreux parents investissent le Parc du Peuple à Shanghai afin de trouver le conjoint idéal pour leur progéniture. Dans l’espoir de former le couple parfait, ils parcourent les petites annonces et examinent le profil détaillé des prétendants: sexe, âge, taille, qualifications, revenus : rien n’est laissé au hasard. Hormis les spectacles et activités pédagogiques organisés dans la ville, ce "marché du mariage" est étrangement devenu l’unique rassemblement public autorisé.
N’hésitant pas à se mettre en scène dans le parc telle une jeune prétendante pleine d’espoir, Yingguang Guo dénonce par son travail la pression qu’exerce l’institution du mariage sur les familles chinoises. Les descriptions factuelles et les commentaires teintés d’ironie ponctuent les images. Ils mettent subtilement en évidence l’opposition entre la brutalité et l’archaïsme présumés de ces mariages arrangés (aux yeux de nombreux occidentaux) et le choix de l’union libre et du sentiment amoureux qui attirent une jeune génération de Chinois, dont beaucoup, comme Yingguang Guo, ont vécu à l’étranger.
Atsunobu Kohira - Harmonie de quatre constellations
Œuvre à la fois musicale et visuelle, Harmonie de quatre constellations d'Atsunobu Kohira propose une expérience interactive autour d'une (ré-)interprétation de l'Opus 76 numéro 2 de Joseph Haydn. Exécutée par le Quatuor Leonis, cette création explore les rapports entre l'image, le son et le geste, champ d'investigation artistique dans lequel Atsunobu Kohira choisit sa filiation: le Clavecin oculaire du Père Castel au 18e siècle, les Chronophotographies d'Étienne Jules Marey, le siècle suivant, les expérimentations de Norman McLaren dans les années 60 ou celles, plus contemporaines, d'Atau Tanaka. Harmonie de quatre constellations introduit cependant une dimension supplémentaire en proposant au public d'être une sorte de chef d'orchestre. Chacun peut jouer, voire "interpréter" cette œuvre en ligne où sons et formes graphiques se répondent. Chaque signature lumineuse correspond au geste musical et à la note exécutés par un des membres du quatuor. On peut alors, en cliquant sur un des traits de lumière, figer la forme visuelle et réduire un musicien au silence. Les lignes mélodiques et graphiques qu'exécute le quatuor de Haydn peuvent ainsi être isolées, donnant tour à tour à entendre et à voir un trio, un duo, ou juste un soliste.
Mihai Grecu
Mihai Grecu est né en Roumanie en 1981, vit et travaille à Paris. Oscillant entre art vidéo, cinéma et animation 3D, son imagerie singulière met en œuvre, dans une atmosphère déshumanisée, des visions inquiétantes traversées par des objets parasitaires, des architectures modifiées et des personnages-symboles. Son travail a été montré dans des nombreux festivals de films. Avec le dispositif interactif proposé par la MEP, vous évoluerez au cœur de l'univers de Grecu, et pourrez visionner en ligne 5 magnifiques films réalisés par l'artiste: Centipede Sun, Coagulate, Glucose et We’ll Become Oil.
WE'LL BECOME OIL trailer
accepter
Dionisio Gonzalez
Bien qu’il s’agisse en premier lieu de photographie, l’œuvre de l’artiste espagnol Dionisio Gonzalez se déploie également dans les champs de la vidéo, de l’architecture et de l’art contemporain. Ses visions utopiques portées par l’exubérance de son style investissent des lieux aussi éclectiques que des favelas brésiliennes de Rio-de-Janeiro ou de São Paulo, des campements sud-coréens de Busan, des marchés flottants vietnamiens de la Baie d’Halong ou des zones littorales comme la lagune de Venise. Cependant, il ne représente pas les bidonvilles ou l’expansion urbaine sous la forme d’univers désolés ou angoissants, transfigurant les habitats précaires en les hybridant avec des propositions architecturales aux formes innovantes.
Avec des séries comme "Le Corbusier", il conçoit des espaces virtuels dans lesquels il dynamite les conventions muséales, et où l’image photographique quitte les deux dimensions de la feuille imprimée pour s’exposer sur des volumes insolents et des angles aventureux...


