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Réouverture des galeries d'art : la culture respire
Après deux mois de fermeture, de nombreuses galeries d'art parisiennes rouvrent leurs portes cette semaine. Un bol d'air culturel très attendu, à l'heure où musées, cinémas, théâtres et salles de concerts demeurent fermés... Petit tour horizon des belles expos que vous pourrez admirer dans les jours à venir.
Vue de l’exposition « Alexander Gronsky - Pastoral »

Galerie de l'Instant

L'excellente Galerie de l'Instant reprend les affaires là où elle les avait laissées: avec une magnifique expo consacrée au photojournaliste Jean-Pierre Laffont, et à ses clichés de stars françaises aux Etats-Unis, dans les années 60. A cette période, l'artiste arrive en effet à New York et débute sa carrière de photojournaliste. Il couvre le monde de la politique, les mouvements libertaires, la vie culturelle et sociale du pays ainsi que les stars françaises de l’époque visitant New York et le reste du pays: Yves Montand, Charles Aznavour, Brigitte Bardot, Françoise Hardy, Sheila, Antoine, Gilbert Becaud, Sylvie Vartan... L'expo dévoile ainsi son rapport aux artistes français, mais aussi internationaux, dont Marlon Brando, Antony Quinn ou encore Andy Warhol. Témoin privilégié, complice de ces stars, Laffont fait partager ces instants magiques, sa passion de l’image, et vous fait voyager à leurs côtés, sans mise en scène, sans barrière.

Galerie Emmanuel Perrotin

Le plus puissant des galeristes parisiens rouvrira ses portes le 23 mai, tout en accueillant dans son espace impasse Saint Claude une exposition solidaire réunissant 26 galeries parisiennes. Deux expositions seront proposées rue de Turenne: "Nature Loves To Hide", un solo show de l’artiste mexicain Gabriel Rico, ainsi que "Los Angeles Langage", autour de l'artiste français Jean-Philippe Delhomme. Ce dernier, connu pour ses illustrations, expose un travail issu d’un séjour prolongé dans la ville américaine, qui réunit une cinquantaine d’huiles de petits formats réalisées d’après des clichés instantanés.

Galerie Agathe Gaillard

A l'instar de bien d'autres, la Galerie Agathe Gaillard choisit de remettre en lumière un expo interrompue par le confinement. Du 14 au 31 mai, de 14h à 19h du jeudi au dimanche, c'est le très beau projet "Féminin", réunissant trois femmes photographes, qui reprend ses quartiers. Cette exposition met en regard trois époques photographiques et plusieurs générations d’artistes: Martine Barrat, artiste française installée à New-York depuis les années 1970, qui a photographié le South Bronx des années 1970 aux années 2000, Harlem, Brooklyn, mais également le quartier de la Goutte d’Or à Paris, et qui continue avec ses films dédiés aux danseurs dans le métro de New- York ou sur le parvis de Beaubourg à Paris ; Maya Mercer, artiste anglaise installée dans une région reculée de Californie, qui se concentre sur la vie des adolescentes dans les communautés white trash de la région de Marysville ; et enfin Fiona Mackay, jeune artiste australienne installée à Paris, qui présente un travail sur la prostitution sur internet et parle de fragilité à travers sa série "Cellophane Flowers".

Galerie Les Filles du Calvaire

Pour les semaines à venir, la Galerie Les Filles du Calvaire change ses horaires habituels mais sera bien ouverte, du jeudi au samedi de 11h à 18h30. L'exposition personnelle d'Edouard Wolton, fermée au public quelques jours seulement après son vernissage, est prolongée exceptionnellement jusqu'au 25 juillet. L'artiste y présente un ensemble d’œuvres inédites, regroupant peintures, sculptures, œuvres imprimées et installations. Pensée comme un espace total, l’exposition "Ultima Thulé" s’envisage comme un voyage mental vers les limites de la perception et du monde rationnel. Le titre fait référence à une île mythologique décrite par l’explorateur Pythéas au IVème siècle avant notre ère et présentée comme la dernière de l’archipel britannique, son point le plus au Nord. Source de fantasmes, Thulé apparaît comme une invitation au voyage qui, par sa position mythique extrême, symbolise un absolu indépassable, proche de l’idée de bout du monde. Wolton met ici en place son propre algorithme de formes, de matières, de couleurs, et de proportions – et par extension assure sa liberté plastique.

Thulé

Galerie(s) Templon

Les différents espace du galeriste Daniel Templon présentent déjà pas moins de trois expositions. Au 30 rue Beaubourg et jusqu'au 6 juin, c'est l’artiste originaire du Malawi, Billie Zangewa, qui est à l'honneur. Pour cet évènement inédit, l’artiste vivant en Afrique du Sud a choisi de lancer un message d’espoir et d’unité. Au 28 rue du Grenier Saint-Lazare et jusqu'au 23 mai, le peintre allemand Norbert Bisky propose une immersion au cœur de sa propre capitale: la folle "Desmadre Berlin" de l'entre-deux-guerres, celle de l'hédonisme et de l'anarchie, qui marque aujourd'hui encore les murs de la capitale. Tout au "Grenier", vous pourrez admirer les tissages spectaculaires de l'artiste japonaise Chiharu Shiota. Deux installations in-situ et un ensemble de sculptures inédites explorent "l’Inner Universe", le monde intérieur, esprit pour les uns, conscience pour les autres, qui transcende le corps et relie les êtres entre eux...

Galerie Nathalie Obadia

On rouvre comme si rien n'avait changé à la Galerie Nathalie Obadia, qui vous accueille du mardi au samedi, de 11h à 19h, avec l'exposition interrompue par le confinement, intitulée "Dear Hong Kong..." Cet événement était et demeure pour la galerie une occasion de mettre en avant les liens qu'elle tisse avec la scène artistique chinoise, et plus largement la région Asie-Pacifique qu’elle a à cœur de soutenir, à travers des collaborations et des échanges culturels qui se sont multipliés ces dernières années. Les artistes chinois Lu Chao, Wang Keping et Ni Youyu sont ainsi exposés dans un accrochage qui fait également la part belle aux œuvres de Brook Andrew, Rina Banerjee et Manuel Ocampo, originaires d’Australie, d’Inde et des Philippines.

Exhibition view of Dear Hong Kong…

Galerie Martel

Depuis sa création en novembre 2008 la Galerie Martel s’est fixé un cap: mettre en avant le graphisme à travers des artistes dont le point commun est d’explorer de nouveaux territoires et de décloisonner les frontières séparant divers modes d’expression: illustration, peinture, bande dessinée, ou encore animation. Parmi les (très) grands noms que la galerie représente et expose dans ses murs: Tomi Ungerer, Art Spiegelman, Charles Burns, Robert Crumb, Brecht Evens, Emil Ferris, Daniel Clowes... Passant ses stocks et ses archives au peigne fin, la Galerie y a retrouvé des œuvres d’artistes de premier plan qui n’avaient jamais été présentées au public. De là est née l’idée de cette exposition de reprise: en faisant voisiner sur ses murs plus de 50 pièces inédites ou déjà saluées, la galerie veut marquer sa réouverture en rendant hommage à ces immenses artistes de BD (principalement) qui lui ont fait confiance depuis des années. A noter que les lieux retrouveront leurs horaires d’ouverture habituels, du mardi au samedi de 14 heures 30 à 19 heures.

Galerie Martel

Arts Factory

Enfin la meilleure pour la fin, en toute subjectivité: la galerie Arts Factory, qui depuis tant d'années valorise le meilleur de l'illustration, avec une prédilection pour l'underground, le dérangeant, l'iconoclaste, reprend comme si de rien n'était l'expo qui avait dû fermer ses portes il y a deux mois: "Les crocs électriques 150 artistes • 500 oeuvres". À l’occasion de la sortie d'une nouvelle salve de morsures graphiques des crocs électriques, maison d'édition au projet éditorial-performance de 100 livres par an (!), la galerie invite Jessica Rispal et Stéphane Blanquet à présenter l'intégralité de leur production dans le cadre de cette expo événement. Depuis décembre 2016, le stakhanoviste duo à l’origine des Crocs Électriques fabrique un livre tous les 3 jours… soit 10 livres par mois, au prix modique de 5 euros. Leur foisonnant catalogue fait cohabiter grands classiques de l’undergraphisme et jeunes artistes, souvent publiés pour la première fois au sein de ce projet devenu largement incontrôlable.