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Une balade sur les pas d'Honoré de Balzac
Ville de ses succès, de ses déboires et de ses amours, la capitale fut au cœur de la vie du célèbre homme de lettres.
Gravure d'Etienne Carjat représentant Honoré de Balzac

Arrivé de Tours, Honoré de Balzac découvre Paris à 15 ans. Nous sommes en 1814, sa famille s’installe au 122, rue du Temple (4e), dans le Marais. Ce quartier, Balzac l’arpente pendant dix ans, savourant un Paris encore très médiéval. 

Ses premiers souvenirs, ceux d’un élève de la pension Lepître, rue de Turenne, nourriront plus tard les premières pages du Lys dans la vallée (1836). Mais, pour l’heure, le jeune homme a 19 ans et étudie le droit chez un avoué. En fréquentant la Sorbonne, il découvre le goût des mots. Sa vocation est née, il sera écrivain ! Il ne reste plus à l’homme qu’à faire ses preuves. 

En 1819, à 20 ans, il emménage 9, rue de Lesdiguières (4e), dans une étouffante mansarde, où il écrit une tragédie sans destin et de piètres romans à la chaîne signés « Lord R’Hoone » (anagramme d’Honoré). C’est vrai, le « maître du roman français » ne naît pas génie littéraire : il le deviendra au prix d’un travail acharné.

Place de la Sorbonne

Douloureuses expériences

En 1824, le jeune auteur quitte le Marais, mais le quartier ne le quitte pas. Il devient le décor, tour à tour sombre et cocasse, du Cousin Pons et de Splendeurs et misères des courtisanes. Traversant la Seine pour le Quartier latin, Balzac veut conjuguer littérature et affaires. En 1826, le voilà imprimeur au 17, rue des Marais-Saint-Germain, l’actuelle rue Visconti (6e)

Le petit appartement qu’il possède au-dessus de son commerce est financé par Mme de Berny, grand amour de vingt ans son aînée, à la fois initiatrice, mère de substitution et banquière. Une heureuse protection car, jusque-là, le futur grand romancier cumule plus de dettes que de talent. Son imprimerie a en effet fait faillite et le voilà assailli par les créanciers. Il est temps pour Balzac de se faire un nom. 

La rue Visconti (6e) où Balzac fut imprimeur.

Naissance de La Comédie humaine

En 1828, à l’âge de 29 ans, il trouve refuge au 1, rue Cassini (14e), où il rédige chaque nuit ses travaux les plus célèbres : Les Chouans (1829), La Peau de chagrin (1831) ou encore Le Père Goriot (1835). L’épopée de La Comédie humaine est lancée : 2 500 personnages et une oeuvre composée au total de 95 romans. 

Observateur attentif de la vie parisienne, Balzac est un historien des mœurs : des rentiers du Marais aux courtisanes des Grands Boulevards, des étudiants du Quartier latin aux parvenus de la Chaussée d’Antin (9e), tous passent sous sa plume, se rencontrent et interfèrent dans une réalité imaginaire. Balzac nourrit son écriture en absorbant tout ce qu’il voit. À partir d’une promenade dans les passages couverts, il s’inspire de Vidocq, qui vit au 13, galerie Vivienne (2e), pour créer Vautrin, personnage mythique de La Comédie humaine

La galerie Vivienne (2e), où habitait Vidocq, qui inspira l’écrivain pour son célèbre Vautrin.

Traqué par les créanciers

Le succès de Balzac ne se tarit pas, ses excès non plus. Son goût pour les oeuvres d’art et ses expériences d’entrepreneur malheureux le ruinent un peu plus. Comme un écho à ses déboires, le romancier s’attaque à la rédaction des Illusions perdues de 1837 à 1843. Ses déménagements parisiens se succèdent au rythme des menaces d’huissiers. 

De refuge en refuge, l’écrivain affine sa méthode : nom d’emprunt pour louer un logement, mot de passe, et parfois même une issue de secours ! C’est le cas de la maison de Passy, 47, rue Raynouard (16e), seule résidence de l’écrivain encore existante, devenue aujourd’hui un musée : la Maison de Balzac. Il y emménage le 1er octobre 1840. L’écrivain loue un appartement de cinq pièces en rez-de-jardin. 

Jeu

Des catalogues de la Maison de Balzac

Publié le mercredi 29 juillet 2020

Pendant sept ans, dans son petit cabinet de travail, vêtu de sa robe de bure blanche, Balzac écrit, jusqu’à vingt heures par jour, et publie oeuvre sur oeuvre : Splendeurs et misères des courtisanes, La Cousine Bette, Le Cousin Pons… 

Le musée de la maison de Balzac de la Ville de Paris

Malgré ses nombreuses frasques, l’homme de lettres est engagé depuis 1832 dans une correspondance avec Mme Hanska. En 1846, il s’installe avec elle dans une maison de la bien-nommée rue Fortunée (8e), et l’épouse en mars 1850. Cinq mois plus tard, le 18 août 1850, le cœur de Balzac lâche. Inhumé au Père-Lachaise, sous l’oraison funèbre de son ami Victor Hugo, l’écrivain laisse derrière lui une oeuvre magistrale et bien des dettes. Loin de lui en tenir rigueur, Paris l’honore et rebaptise aussitôt la rue Fortunée rue Balzac (8e).

Remerciements à Yves Gagneux et à Sandra Cominotto.

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