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Alexa Brunet, une dystopie en plein coeur de Paris !
Le pont Saint-Ange, viaduc historique à la frontière des 10e et 18e arrondissements, accueille le projet « Dystopia » d'Alexa Brunet. A travers les mises en scène de la photographe, et les textes du journaliste Patrick Herman, une réflexion sur la "modernisation" du paysage agricole français apparaît. Nous avons posé trois questions à Alexa Brunet.
Exposition "Dystopia"

Pouvez-vous vous présenter ainsi que votre travail de photographe ?

Je m'appelle Alexa Brunet et j'habite en Ardèche, je suis photographe depuis 2002. Je travaille pour la presse et les institutions, avec des journalistes, des écrivains, des chercheurs. Je fais partie du collectif de photographes « Transit », qui est basé dans le sud de la France et qui réunit actuellement quatre photographes. Généralement, j'utilise la mise en scène dans ma photographie pour parler des sujets qui me touchent comme l'environnement, l'habitat, l'agriculture, les croyances, la technologie. 

Exposition Dystopia Alexa Brunet / Transit

D'où vous vient cette sensibilité, cet intérêt pour le milieu agricole et ses transformations ? 

J'habite à la campagne et je vis avec un agriculteur donc c'est un sujet auquel je suis sensible. Mais en fait, ce qui a déclenché le projet, c'est ma rencontre avec Patrick Herman. Je l'ai rencontré lors d'une manifestation contre l'extraction du gaz de schiste. Il y a eu beaucoup de mobilisation à ce sujet en Ardèche et dans toute la France il y a une dizaine d'années. Je trouvais ça pertinent de travailler avec lui, qui était à la fois journaliste et paysan, sur un sujet qui me touchait dans mon quotidien. J'avais envie de parler des dérives de l'agriculture industrielle et de comment elles impactent notre quotidien.

Dystopia Alexa Brunet

Comment s'est fait le choix d'un traitement distancié, mise en scène et humoristique ? 

Le choix de la distance par l'humour et de la mise en scène a été une 

évidence pour moi dans le sens où c'est le format dans lequel je suis la plus à l'aise. J'aime bien composer les images, mettre les gens en scène, fabriquer des images qui portent un message, un peu comme un dessin de presse. Pour moi, la mise en scène s'est imposée tout de suite comme le meilleur moyen pour parler de choses qui existent mais qui ne sont pas tangibles, qui sont à peine palpables, comme la lente érosion des sols ou le trajet des pesticides jusqu'à nos assiettes. Forcer le trait à travers l'humour, ça interpelle le regardeur, ça pose des questions, ça créé des réactions et c'est le but. Que ce soit absurde, grinçant, humoristique, que ça fasse peur, que ça mette en colère ou que ça fasse rire, finalement, ça provoque des réactions et ça interroge.

Dystopia, Alexa Brunet

Les photos qui composent Dystopia ont été prises en 2014, Beaucoup de choses à cette époque-là étaient de l'ordre de la fiction mais commencent désormais à être réalité. Pour évoquer la pollinisation des arbres fruitiers, on avait inventé une machine dédiée à la pollinisation des arbres et aujourd'hui Google est en train de travailler à la mise au point de drones pollinisateurs. Même si on a poussé le curseur un peu loin de la réalité parfois, même si on exagère un peu, parce qu'évidemment on est dans le symbolique, malgré tout, ces excès que l'on dénonce menacent d'exister sous peu. 

Exposition Dystopia Alexa Brunet — Transit

Pont Saint-Ange
Boulevard de la Chapelle, 75010 Paris

Du samedi 25 juillet 2020 au mardi 15 septembre 2020

gratuit
évènement terminé