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Balade sur les pas de « la dame en noir », Barbara
Musicienne, auteur, compositeur et interprète, Barbara a trouvé sa voie à Paris.
Barbara (1930-1997), auteur-compositeur et chanteuse française.

Au milieu de la végétation du square des Batignolles (17e), il reste un goût de « Perlimpinpin », chanté en 1972 par la longue dame brune. L’allée Barbara traverse le parc, un hommage à la chanteuse née tout près le 9 juin 1930, au 6, rue Brochant, sous le nom de Monique-Andrée Serf. 

Enfant déjà, elle veut devenir « la plus grande pianiste du monde ». Mais le temps n’est pas à la musique. En pleine Seconde Guerre mondiale, la famille Serf, d’origine juive, vit d’exode en exil. 

De retour à Paris en octobre 1945, les parents et leurs quatre enfants s’installent provisoirement au 131, rue Marcadet (18e), chez « Granny », la grand-mère maternelle de Barbara. La jeune fille a alors 15 ans. Elle s’exerce avec un professeur particulier de chant, avant de s’inscrire deux ans plus tard comme auditrice libre au Conservatoire de musique de Paris, rue de Madrid (8e)

En 1946, la famille s’installe au 50, rue Vitruve (20e). Le noir envahit la vie de Barbara. Celui, sombre, de la mort de sa Granny tant aimée, celui, lumineux, du piano que lui loue son père. Cette couleur reste associée à la chanteuse, « la dame en noir », en référence à son piano et à l’aigle de sa célèbre chanson. 

Quand, en 1949, son père quitte le domicile familial, c’en est fini de la location du piano. Barbara troque alors le répertoire classique contre celui de la chanson populaire. À 20 ans, elle chante en Belgique dans des petits cabarets sous le nom de Barbara Brodi. Revenue à Paris un an plus tard, elle est auditionnée par le célèbre cabaret La Fontaine des Quatre-Saisons (7e, actuel musée Maillol), dirigé par les frères Prévert. Mais le programme est déjà bouclé. Qu’à cela ne tienne, elle y fait la plonge pendant un an, apprenant au contact des Gréco, Mouloudji et Vian qui s’y produisent. 

Square des Batignolles

Une vie itinérante

Barbara pose difficilement ses valises. Elle déménage au rythme de ses contrats aux Trois-Baudets (18e), Chez Moineau (6e) et surtout à L’Écluse (6e). Dans cet ancien bistrot de mariniers, situé 15, quai des Grands-Augustins (6e), elle devient « la chanteuse de minuit ». Elle y reste six ans, jusqu’en 1964. 

Grâce à ses premiers cachets, Barbara s’offre son premier piano noir à 29 ans. En 1961, elle s’installe au 14, rue de Rémusat (16e). Le piano noir suit, ses chansons aussi. Elle écrit jour et nuit : « Dis, quand reviendras-tu ? », « Le Mal de vivre », « Nantes »… 

Anciennement le cabaret de l'Ecluse

Chanteuse et femme engagée

Après le décès de sa mère en 1967, la chanteuse quitte les lieux, et le chante : « C’était triste, Rémusat / Depuis que vous n’étiez plus là / Et j’ai repris ma valise / Mes lunettes et mes chansons ». 

Direction le numéro 112 de la rue Michel-Ange (16e). Barbara s’y crée un studio d’enregistrement et y compose l’un de ses plus grands succès : « L’Aigle noir ». 

En 1964, après avoir chanté Brassens et Brel, elle intitule son nouvel album « Barbara chante Barbara ». Elle n’est plus la vedette anglaise de Brassens à Bobino (14e), elle y triomphe seule, le 15 septembre 1965. Ce jour-là naît sa « plus belle histoire d’amour », celle qui la lie à son public lors de ses concerts : à l’Olympia (9e), au Théâtre des Variétés (2e), à Bobino, à l’hippodrome de Pantin (19e)

Perfectionniste, travailleuse acharnée, Barbara est aussi une figure militante qui s’élève contre le racisme et pour le droit au logement. Engagée dans la lutte contre le sida, elle crée « Sid’amour à mort » au Théâtre du Châtelet (4e), en 1990. Elle y donne son dernier récital à 63 ans, avant que sa voix ne s’éteigne le 24 novembre 1997, laissant Paris muet. « Paris, mon Paris / Au revoir et merci / Si on téléphone / J’y suis pour personne ».

112 de la rue Michel-Ange
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