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Balade sur les pas d'Ernest Hemingway
Capitale de sa jeunesse, de ses amitiés littéraires et de ses premiers écrits, la Ville lumière a fait d’Hemingway un écrivain de renom.
Ernest Hemingway (1899-1961), écrivain américain, prix Nobel 1954.

Comme l’écrit Hemingway dans les folles années 1920, « Paris est une fête * ». À cette époque, la capitale est une terre d’asile pour de nombreux auteurs américains. L’alcool n’y est pas prohibé et les mœurs y sont plus libres qu’outre-Atlantique. 

C’est le 20 décembre 1921 que l’Américain Ernest Miller Hemingway arrive à Paris avec sa femme, Hadley. Celui qui deviendra un grand romancier n’est encore qu’un jeune journaliste de 22 ans, correspondant européen du Toronto Star. Le couple occupe un modeste deux-pièces situé au numéro 74 de la rue du Cardinal-Lemoine (5e). 

74 de la rue du Cardinal-Lemoine (5e)

Dès lors, celui que l’on surnomme « Hem’ » va tout apprendre très vite : le français, l’argot et la révolution d’une écriture dont le style devient abrupt, dépouillé. 

Le matin, il aime écrire dans les cafés. Son crème l’attend sur sa table de travail favorite, à La Closerie des lilas, 171, boulevard du Montparnasse (6e). L’après-midi, Hem’ flâne. Notant que « la faim est une bonne discipline » pour l’inspiration, le voilà déambulant le ventre vide au jardin du Luxembourg, l’un de ses endroits préférés. 

La Closerie des Lilas

Rencontre avec son mentor 

De l’autre côté du jardin, Gertrude Stein reçoit artistes et écrivains chez elle, au 27, rue de Fleurus (6e), à partir de 17 heures. Cette féministe américaine accueille ceux qu’elle nomme la « Lost Generation » (la « génération perdue »), sacrifiée par la Première Guerre mondiale, qui noie ses souvenirs dans l’alcool et se complaît dans la paresse. Au rang de ses chefs de file, on retrouve l’écrivain Scott Fitzgerald et… Ernest Hemingway. 

Mentor de ses débuts, Miss Stein « fait la leçon » à Hemingway. Elle lui enseigne l’écriture automatique et l’incite à arrêter le journalisme en 1924 pour se consacrer à la littérature. Pour être en phase avec ce tournant décisif, direction le Montparnasse bohème ! Hemingway déménage alors en famille au 113, rue Notre- Dame-des-Champs (6e)

Promenades le long des quais 

Il se balade le long des quais, près des bouquinistes, et profite des merveilles de la bibliothèque-librairie Shakespeare and Co, rue de l’Odéon (photo ci-dessous). Sa propriétaire, Sylvia Beach, lui fait découvrir l’œuvre de Joyce, Tolstoï, Flaubert… À présent située au 37, rue de la Bûcherie (5e), cette librairie, aux murs couverts de livres neufs et d’occasion, reste encore aujourd’hui un refuge où il fait bon se retrouver et se perdre. 

Prix Nobel et Pulitzer

Le soir venu, comme la fine fleur intellectuelle de ses compatriotes, Hemingway privilégie l’atmosphère des cafés du carrefour des boulevards Raspail et du Montparnasse. Le jeune écrivain a ses habitudes au Dôme, 109, boulevard du Montparnasse (14e), et au Select, où il retrouve Sartre, Simone de Beauvoir, Robert Desnos, Picasso… 

À 27 ans, la rigueur qu’Hemingway s’est imposée à La Closerie des lilas paye enfin. Son premier roman, Le soleil se lève aussi (1926), est un succès. Un début pour le futur grand écrivain, couronné par le prix Pulitzer en 1953, grâce à son ouvrage Le Vieil Homme et la mer, et qui reçoit le prix Nobel de littérature en 1954. Mais c’est aussi une fin. Celle de son premier mariage et du Paris de sa jeunesse, « celui du temps où nous étions très pauvres et très heureux »

Chasseur, boxeur, aventurier et buveur notoire, Hem’ a toujours mené une vie mouvementée, voyageant dans le monde entier et multipliant les conquêtes. Mais c’est à Paris que son cœur est resté. Un éternel hommage à la capitale française En 1944, il veut être le premier Américain à libérer la capitale. Mais sa fougue s’arrête au Ritz. Le bar du très select hôtel devient son quartier général. « Paris est comme une maîtresse qui ne vieillit pas et elle a maintenant d’autres amants », écrit-il. De cette liaison avec la capitale, de 1921 à 1926, il reste à Hemingway de riches souvenirs d’homme pauvre, et des références qui parsèmeront toute son oeuvre, comme d’éternels hommages à la ville qui l’a révélé écrivain. 

Le restaurant le Dôme au 109 boulevard du Montparnasse
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