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La Fondation Carmignac expose la crème du photojournalisme
Le Prix Carmignac du photojournalisme a été attribué cette année au photographe Finbarr O’Reilly, pour un reportage consacré à la République démocratique du Congo. Ses puissantes images, exposées sur les grilles de la Tour Saint-Jacques, rappellent le soutien de la Fondation Carmignac, depuis onze ans, au grand reportage photographique.
Goma, DRC, May 2020

En décembre 2019, la série de magnifiques photos en noir et blanc de Tommaso Protti, lauréat du 10ème Prix Carmignac, avait orné les grilles de l'Hôtel de Ville. Depuis la région de Maranhão à l’est, à celle de Rondônia à l’ouest, en passant par les États du Pará et de l’Amazonas, l'artiste dressait le portrait de l’Amazonie brésilienne contemporaine, où les crises sociales et humanitaires se superposent à la destruction inexorable de la forêt vierge. Pour réaliser un reportage d'une telle ampleur, ambitieux, nécessitant beaucoup de temps et de moyens, la Fondation Carmignac avait soutenu le photographe par l'attribution d'une bourse de 50.000€, et financé, à son retour, une exposition itinérante et l’édition d’un livre monographique. Cette année, c'est donc le canadien et britannique Finbarr O’Reilly qui a bénéficié de cette aide pour mener à bien son projet de reportage en RDC (débuté en janvier 2020 et repensé en raison de la pandémie de coronavirus), dont vous pouvez admirer les saisissants clichés au pied de la Tour Saint-Jacques.

Prix Carmignac

Le prix emblématique d'une fondation d'art

Carmignac, c’est d’abord un homme, Édouard de son prénom, président de la société de gestion d’actifs Carmignac Gestion. Grand collectionneur d’art, Carmignac crée en 2000 la fondation d'entreprise éponyme qui rassemble les pièces de sa mirifique collection, désormais riche de près de 300 œuvres des plus grands noms de l'art contemporain (Lichtenstein, Basquiat, Richter, Ruscha...). C'est en 2009 que l'homme d'affaires donne une dimension supplémentaire à sa fondation en créant le Prix Carmignac du photojournalisme. Objectif de celui-ci: soutenir l’indépendance des photographes, en leur donnant les moyens de réaliser un projet journalistique et photographique d’investigation, et ce dans des territoires hors des feux de l’actualité, où les droits humains et la liberté d’expression sont le plus souvent bafoués. Témoignage bouleversant sur un trafic humain basé sur le genre dans la société népalaise. reportage sur les conséquences de la fonte de la banquise pour la planète, sur le chaos en Lybie après la chute de Khadafi, sur la situation socio-politique au Zimbabwe, en Iran ou encore Tchétchénie... Les projets soutenus mènent aux quatre coins de la planète, et sont tous d'une qualité exceptionnelle. On pourra sourire devant le paradoxe consistant, pour l'homme d’affaire qu'est Edouard Carmignac, à mettre en valeur le travail de photographes dénonçant la misère et les atteintes aux droits humains et à l’environnement, en grande partie causées par les excès du capitalisme... Mais que cela ne nous empêche pas de louer sa démarche, sincère et salutaire.

Porquerolles, écrin de la Fondation Carmignac

Pour abriter sa riche collection d'œuvres d'art mais aussi donner toute l'exposition que méritent les lauréats du Prix de photojournalisme, Edouard Carmignac cherchait un écrin, et c'est en 2018, sur l’île enchantée de Porquerolles, au large de la Presqu’île de Giens, qu'il a jeté son dévolu ; une île minuscule gorgée de nature et de soleil, faite de forêt et de chemins, de champs et de plages de sable fin, accessible quelques mois dans l’année, à la belle saison. C’est au beau milieu des terres, dans une ancienne et tentaculaire villa provençale, que s’est établie la Fondation. Si l’aspect extérieur de la bâtisse a été respecté lors de sa rénovation, ses intérieurs ont été entièrement réimaginés, afin de proposer la meilleure expérience de visite possible. Les salles principales au sous-sol s'articulent selon un plan en croix de vastes volumes longilignes, épurés et respirants. Les autres salles, notamment à l’étage, sont baignées par la lumière estivale pénétrant par de larges baies vitrées, qui offrent des vues magnifiques sur le parc de la Fondation, encadrées tels des tableaux naturels. Émerveillement, sérénité, apaisement se dégagent de la déambulation, qui s’effectue, précision importante, les pieds nus...

Une 11ème édition bouleversée par le Covid

C'est donc dans ce cadre idéal que s'épanouiront dans quelques mois, on l'espère, les images rapportées de République Démocratique du Congo dans le cadre de la 11ème édition du Prix Carmignac. Le reportage de Finbarr O’Reilly ayant débuté avant l’irruption de la pandémie de coronavirus puis la fermeture des frontières, le photographe et l’équipe du Prix ont dû repenser les contours de son travail en RDC. Le projet a désormais pour titre "Congo in Conversation", et consiste en un reportage collaboratif, réalisé avec la contribution de journalistes et photographes locaux. Cette formule inédite du Prix Carmignac documente les défis humains, sociaux et écologiques que le Congo affronte au temps du Covid-19. La série qui s'expose déjà sur offre à ces voix congolaises une tribune pour contribuer à la conversation mondiale, témoigner en commun de la situation sur le territoire de cet immense pays, et sensibiliser les opinions publiques. Un grande diversité de styles, d'esthétiques, d'expressions et de messages qui peut d'ores et déjà être admirée sur les grilles de la Tour Saint-Jacques, pour cette seconde année de partenariat entre la Ville de Paris et la Fondation Carmignac.

Prix ​​Carmignac du photojournalisme - 11e édition

Grilles du Square de la Tour Saint-Jacques
39 rue de Rivoli, 75004 Paris

Du mercredi 6 janvier 2021 au mercredi 27 janvier 2021

gratuit
évènement terminé