Cet évènement fait partie du programme LE THEME DE LA JEUNESSE EN 2021 A LA TOUR JEAN SANS PEUR !

Tour Jean sans Peur (d'après le codex Manesse, Allemagne, 1ère moitié du XIVe siècle, Heidelberg, BU, ms Pal. Germ. 848, f° 422)
Expositions
EXPOSITION LA JEUNESSE AU MOYEN ÂGE
Tour Jean sans Peur
L'exposition fait découvrir toutes les étapes de la vie d'un jeune dans la société médiévale depuis ses premiers pas jusqu'à la folle jeunesse (entre 21 et 40 ans), considéré comme l'âge le plus dangereux de la vie humaine, âge dont il faut combattre l'excès de joie et de vent, fausse étymologie du mot « jovent » désignant la jeunesse !

Les saisons de la vie __________________________________________________

Si la conception antique divisait la vie en quatre étapes à l'image des saisons, au Moyen Âge, certains encyclopédistes vont plus loin et proposent une partition en six ou sept moments, tel Barthélemy l'Anglais au XIIIe siècle : petite enfance (0 – 7 ans), pueritia (7-14 ans), adolescence (14 – 21 voire 28 ans), jeunesse (21 – 40 ans), état d' »homme parfait » (40 – 50 ans), vieillesse et enfin « antiquité » sans terme certain...

Certains de ces âges sont fortement marqués : 7 ans est l'âge de raison et de communion, 12 ans l'âge possible du mariage (même si celui-ci est en général à l'âge de 25 ans) et de la responsabilité juridique et 14 ans, âge de la majorité et du service militaire. Entre 16 et 20 ans, le jeune noble devient adulte par la cérémonie de l'adoubement. En cas de décès du père ou de la mère, c'est l'aîné qui les remplace. C'est également lui qui hérite de la majeure partie de leur patrimoine. En l'absence d'héritier mâle, les petites filles peuvent devenir de riches héritières. Autrement, elles reçoivent une dot en échange de leur exclusion de l'héritage familial...

Croissez et multipliez_________________________________________________

L'enfant reste totalement emmailloté durant les 2 à 3 premiers mois avant que les liens ne se défassent pour le haut du corps. Allaité, il est rapidement nourri de bouillies constituées d'aliments prémâchés par la nourrice à base de miel, lait de chèvre, pain voire même de vin (utilisé coupé comme comme vermifuge et anti-diarrhéique). Au moment du sevrage, les biberons prennent le relais.

La santé infantile a sa place dans les livres des simples, les régimes de santé, les manuels de gynécologie... Ainsi, les remèdes médicaux sont dosés au tiers de ceux destinés aux adultes (comme pour les saignées, à partir de 12 ans).

Si la mort survient, le bébé baptisé peut être inhumé avec ses parents mais également près des fonds baptismaux ou bien encore sur le parvis, voire même le long des murs de l'église afin de recevoir l'eau bénite des gouttières !

Le baptême devient systématique à partir des XIIe et XIIIe siècles par crainte de la mort sans sacrement. Si toutefois cela arrive, l’Église prévoit à la même période le limbe des enfants, lieu particulier de l'enfer pour un repos éternel et sans souffrance. La famille peut aussi procéder à une ultime tentative de réveil de l'enfant en l'apportant à l'église, dans un sanctuaire à répit, une chapelle dédiée à la Vierge Marie, patronne de l'enfance. Au moindre signe de vie, l'enfant, posé sur l'autel, est rapidement baptisé et gagne sa vie au paradis.

Qui aime bien châtie bien_____________________________________________

Dans la société médiévale, l'attitude des filles est plus surveillée que celle des garçons. Si, au XIIIe siècle, le pédagogue italien Philippe de Novare estime qu'il ne convient pas qu'elles apprennent à lire, les choses évoluent aux siècles suivants. Ainsi, des lectures issues de textes bibliques, de vies de saints (La Légende dorée) sont conseillées dans des traités d'éducations au XIVe siècle tel celui du chevalier de la tour Landry pour ses filles ou bien celui du Mesnagier de Paris, écrit par un bourgeois pour sa femme de 15 ans. Ces mêmes traités indiquent aussi de façon précise l'attitude et le code vestimentaire à avoir en toute occasion...

Les garçons, quant à eux, peuvent devenir oblats (offerts) par leurs parents au monastère dès 7 ans ou être confiés à l'institution le temps de leur scolarité moyennant paiement, l'éducation passant pour excellente. En effet, même si au XVe siècle, un semi d'écoles rurales s'implante en tous lieux, l'enseignement primaire pour tous les enfants reste très limité dans le temps (entre un an et un an et demi).

À la campagne ou en ville, les jeunes sont mis à contribution très tôt dès 7-8 ans pour aider leurs parents avant d'avoir, à 13-14 ans, de vraies responsabilités. 13 ans est également le moment d'entrer en apprentissage pour dix ans maximum. Les fls de marchands et d'artisans, plus favorisés, sont éduqués via des traités spécialisés. Les plus aisés ont l'occasion de voyager tels, au XVe siècle, les fils des grands marchands normands, anglais et flamands, aux intérêts économiques communs.

La jeunesse dorée___________________________________________________

Si dès le VIIe siècle, des règles de bonne conduite sont édictées à l'attention des jeunes moines, c'est au XIIIe siècle que sont mis par écrit les traités de bonnes manières, à destination des jeunes nobles. Ainsi les livres de contenance ou honneurs de la table énumèrent les gestes interdits, tant pour le jeune convive que pour le jeune page. Pour leur éducation, les petits aristocrates disposent également de manuscrits enluminés (alphabets, psautiers, livres d'heures) toutefois peu nombreux car coûteux.

Pour être accomplis, ils sont formés à la chasse, à l'escrime, aux langues étrangères mais aussi aux stratégies du jeu d'échec ainsi qu'à la « science et art de danser ». Parallèlement à cette instruction, entre 10 et 12 ans, ils reçoivent en groupe une éducation quasi militaire développant l'esprit de compétition mais aussi de protection mutuelle qui leur servira sur les champs de bataille. Malgré tout la jeunesse demeure aux yeux de la société une source de désordre et ceci pour tous les niveaux sociaux. Les édiles tentent alors de trouver des solutions en créant des « abbayes de jeunesse » ou en organisant des compétitions, où les jeunes peuvent démontrer leur bravoure et surtout leur joie de vivre !

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COMMISSAIRE D'EXPOSITION : Danièle Alexandre-Bidon, historienne, E.H.E.S.S.

COORDINATION : Rémi Rivière & Agnès Lavoye, Tour Jean sans Peur

COMMUNICATION / PROGRAMMATION / PUBLICS : Agnès Lavoye Tour Jean sans Peur

GRAPHISME :  Jean-Jacques Guillon (c-visuel)

RECONSTITUTIONS

Véronique Durey, céramiste, Poterie des grands bois

Louis Sebaux, ébéniste

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PROGRAMMATION AUTOUR DE L'EXPOSITION

Conférences, concert, animations jeune public (octobre 2021 à mai 2022)

programme dispo à partir de juil. 2021 (www.tourjeansanspeur.com)

Billet groupé sans supplément avec l'exposition Gamins et poupardes, enfances parisiennes au XIXe siècle

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CONDITIONS DE VISITE (CONTEXTE COVID-19)


  • Masque obligatoire
  • pas de résa (contremarque à l'entrée / jauge limitée)
  • distanciation physique > 1m
  • solution hydroalcoolique à l'entrée

Informations
pratiques

Tour Jean sans Peur
20 rue Étienne Marcel
75002 PARIS

Dates

Du 30 juin 2021 au 29 mai 2022 :
mercredi, jeudi, vendredi, samedi, dimanche de 13h à 18h

Prix

Payant - Tarif normal : 6€ - Tarif réduit : 4€ (7-18 ans, étudiants, profs, demandeurs d'emploi, pers. handicapées et accompagnateurs, amis du musée du Louvre et du musée de Cluny) Gratuité : jusqu'à 6 ans inclus (enfants accompagnés), conférenciers, journalistes (sur présentation de justificatif)

S'y rendre

  • 4 : Étienne Marcel (75m) 4 : Les Halles (267m)
  • 29 : arrêt Turbigo- Etienne Marcel
  • RER A, B et D : arrêt Les Halles

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