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Manu Dibango, au fil des voix...
C’était il y a bientôt 3 ans, Que faire à Paris rencontrait Manu Dibango à l'Hôtel de Ville alors qu'il était parrain du festival "Au Fil des Voix". Nous avions parlé musique mais aussi de sa ville, Paris. Suite à son décès, mardi 24 mars, nous republions l'interview d'une légende de l'Afrobeat, parsemée d'extraits sonores.
Manu Dibango

Vous participez cette année au festival au Fil des voix, est-ce que c'est la première fois ?

Oui, je ne savais même pas que ça existait ! J’ai invité des gens que j’aime, qui ont une voix. Ray Lema, c’est un très grand musicien, avec qui j’ai joué à Marseille il y a quelques temps, j’étais son invité, mais cette fois c’est lui mon invité. J’ai joué aussi avec lui au Brésil, avec l’orchestre de Rio, c’est vraiment un grand musicien, qui chante et compose également. Il y aura aussi avec moi un camerounais, Sallè John. C’est un musicien et un chanteur « à voir » car c’est un très bon danseur. Et puis il y aura Céline Cheynut, qui chante souvent avec moi, elle représente le côté Kinshasa de la chanson africaine. Et puis bien sûr, je serais accompagné de mon orchestre avec qui je tourne depuis longtemps. Le plus ancien de mes musiciens joue avec moi depuis 17 ans.

Vous avez regardé la programmation du festival ?

Oui, j’ai regardé, mais je ne connais pas grand monde à vrai dire… C’est l’occasion de faire des découvertes, on s’enrichit toujours…

Y a t-il des salles de concert parisiennes que vous aimez particulièrement ?

Oui, il y a le New Morning, très bien pour les musiciens, il y avait le Petit Journal Montparnasse, j’y ai travaillé longtemps avant qu’ils ne changent leur programmation. A l’époque, tous les très grands du jazz y passaient… Quand on avait une tournée à rôder, on commençait toujours par le Petit Journal. Ça reste quand même un lieu mythique pour les artistes. L’une des dernières fois qu’Henri Salvador a joué sur scène, c’était d’ailleurs là-bas.

Est-ce que vous avez une vue que vous préférez à Paris ?

A Paris tous les angles sont bons ! Que ce soit à la Bastille ou à Barbès, chaque quartier a son caractère, la façon de percevoir Paris n’est pas unique, elle est multiple…

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Est-ce que vous avez un souvenir musical marquant à Paris ?

J’ai joué plusieurs fois à l’Olympia, mais c’est toujours comme si c'était la première fois ! Au départ, j’accompagnais des artistes. J’étais organiste de Nino Ferrer pendant quatre ans, ça m’a permis de passer dans différents lieux, même de jouer chez Guy Lux… Mais la première fois que j’ai joué en mon nom, c’était en 1974 avec Soul Makossa.

Vous aviez votre nom en grand cette fois !

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Est-ce qu’il y a de jeunes artistes sur la scène actuelle qui vous épatent, que vous conseilleriez ?

Oh non, moi je ne conseille plus. De toute façon le métier a changé, maintenant on travaille beaucoup plus sur les machines, les ordinateurs. L’impression que ça nous donne, à nous musicien « de l’ancienne époque », c’est aussi que les gens écoutent moins la musique, c’est devenu un produit de consommation. Nous, on économisait pour acheter un disque, mais aujourd’hui un disque ça ne veut plus rien dire, maintenant on télécharge. L’objet matériel a disparu, et avec ça la musique devient Kleenex. Il reste le live, mais ce n’est pas donné à tout le monde, c’est un métier à part de faire de la scène. 

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J’ai quand même enregistré un album avec Akalé Wubé, ce sont des jeunes que j’aime beaucoup, parce qu’ils aiment la musique éthiopienne, et c’est rare, tout le monde est toujours branché Etats-Unis. Pour l'album, ils ont joué des morceaux à moi qui datent de Mathusalem !

Est-ce qu' il y a un morceau ou un album dont vous êtes le plus fier ?

Non, sincèrement, je demande un joker. Tous vos morceaux ce sont vos enfants, vous les faites avec amour. Et ce n’est pas vous qui décidez du succès d’un titre, c’est le public.

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Vos disques préférés ?

Je suis éclectique. Ça va de Miriam Makeba à Rachmaninov, en passant par Gainsbourg, Duke Ellington, Count Basie… J’aime la bonne musique ! La bonne musique se trouve partout, il faut être éclectique. Je n’écoute pas la musique avec des œillères, ce n’est pas parce que je suis africain que je suis obligé d’écouter seulement de la musique africaine. Il y a des gens qui fantasment, si vous êtes africain, il faut jouer du tam-tam, du djembé, et de préférence vous habiller en boubou… Il y a des clichés comme ça ! Pour peu que vous jouiez du piano ou du saxo, on vous dit « mais vous n’êtes pas africain vous… ».

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Qu’est-ce qui vous fait jouer aujourd’hui avec une énergie intacte ?

Le kharma, la santé, la passion… C’est une somme de moteurs. Et puis la curiosité bien sûr, ne pas être blasé, écouter les autres, rester un capteur ! 

Merci pour tout Manu Dibango !


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