JOHN MADU THE KISS 2021
Expositions
FIGURES OF POWER, John Madu et Ousmane Niang
Galerie AFIKARIS
Chacun suggérant sa propre lecture du pouvoir, John Madu et Ousmane Niang analysent et confrontent les rapports de force entre dominants et dominés. En déformant et brouillant les rôles préétablis, ils invitent les visiteurs à considérer de nouvelles dynamiques, et à affirmer à leur tour leur propre identité.

Après sa toute première exposition monographique, la première exposition majeure en France de l'artiste camerounais émergent Jean David Nkot (Human@Condition, 29 mai—7 juillet 2021), la galerie AFIKARIS, dédiée à la promotion des artistes émergents et établis d'Afrique et de sa diaspora, présente Figures of Power, une exposition conjointe de l'artiste nigérian John Madu (né en 1983, Lagos, Nigeria) et de l'artiste sénégalais Ousmane Niang (né en 1989, Tamba, Sénégal). Du 10 juillet au 14 août 2021, cette nouvelle exposition, la première en France pour chacun des deux artistes, rassemble plus de 20 œuvres inédites, abordant les notions de pouvoir et de domination telles qu'elles se déploient à travers les dynamiques de genre et de politique. En exposant de manière audacieuse l'approche distincte de chaque artiste sur ces sujets, AFIKARIS démontre une fois de plus son engagement à faire entendre la voix de ses artistes.

En utilisant leur art comme une arme, les deux artistes se tournent vers le passé et se réapproprient des histoires régies par la dualité entre dominant et dominé. S'intéressant aux problématiques de genre, John Madu renverse les clichés traditionnels sur l'identité dans un contexte de mondialisation, tandis qu'Ousmane Niang revisite les hiérarchies sociales prédéterminées. Pointant du doigt les problèmes sociétaux endémiques, ils vont au-delà d’une observation brute et appellent à l'action.

Dans ses tableaux, l'artiste nigérian John Madu libère ses personnages des normes sociales préconstruites, tout en réécrivant un monde où les individus sont autonomes et libres de revendiquer leur identité. S’il peint ses amis ou réinvente des classiques de la peinture, Madu enregistre sa propre histoire – l'histoire d'une jeune génération nigériane, bercée par une culture mondialisée et universelle, et dans laquelle l'individualité et l'uniformité s'attirent et se repoussent mutuellement. Son univers visuel est marqué par d'infinies références – d'innombrables clins d'œil à l'histoire de l'art comme à la jeunesse nigériane et à la culture pop.

Dans ces scènes de la vie quotidienne, Vincent Van Gogh, Gustav Klimt et Keith Haring imprègnent l’œuvre de leurs traits caractéristiques, se cachant derrière une porte ou sur un short, en écho à la pluralité des identités qui habitent l’univers de l’artiste. Exaltant sa propre réalité, Madu brouille les frontières entre féminin et masculin. Jouant avec les courbes et les cheveux de ses modèles, femme et homme, dominant et dominé se croisent. Les rôles sont inversés, exposant au contraire des identités fluides qui ne demandent qu'à être libérées. Dénonçant une société nigériane traditionnellement patriarcale et encourageant l'émancipation des femmes, il détourne Le Baiser de Klimt (1908-1909) : sous ses pinceaux, la femme embrasse l'homme, non plus l’inverse. En déconstruisant les limites de genre, John Madu confère à ses personnages une nouvelle forme de pouvoir. Il explique :

« Mon art est imprégné de figures fortes qui ont marqué ma vie personnelle et ma vision du monde. Confronté aux nombreuses réalités et aux conceptions infinies de l'identité, je cherche à brouiller les distinctions établies, en particulier celles relatives au genre. En échangeant ou en recadrant les rôles de genre, je joue avec leur pouvoir symbolique, et le symbolisme du pouvoir qu'ils exercent. »

En revisitant les bestiaires historiques, l'artiste sénégalais Ousmane Niang joue avec l'incarnation du pouvoir. S’il marque la distinction entre animaux anthropomorphes, domestiqués et sauvages, ses toiles deviennent le théâtre d'un jeu de rôle entre le fort et le faible : l'humain domine tandis que l'animal obéit. Les peintures se transforment en fables – exposant et déformant ces illustrations d’autant de hiérarchies convenues. Reflétant son intérêt permanent pour le traitement pictural des jeux dans l'art, la série Jeu de Cartes de Niang (2019-2021) troque les figures royales traditionnelles contre ces animaux légendaires. S'engageant délibérément dans leur symbolisme, il projette sur eux une nouvelle signification personnelle : libre de voler, de nager et de marcher, l'oiseau de Niang devient un symbole de liberté, et une figure de pouvoir.

Habillant distinctement ces figures, les points stylisés de Niang, caractéristiques de son art, prennent tout leur sens. Constamment doublés, ils matérialisent une dualité : de même que dominant et dominé cohabitent dans les tableaux, problèmes et solutions émergent. Plus qu'un choix pictural, ses points expriment le conflit social à l'origine de son œuvre. Grâce à cette technique, l'artiste offre des pistes de réflexion – appelant ses spectateurs à passer de la contemplation à l'action, un écho subtil et valorisant aux soulèvements de la jeunesse sénégalaise de mars 2021. Pesant le symbolisme de son œuvre, il déclare :

« Le pouvoir est un jeu, et dans un jeu, il y a toujours une dimension de pouvoir. Dans mes peintures, j'incarne le jeu du pouvoir en des figures animales chargées de symboles et, ce faisant, je l'éclaire. Derrière chaque point, il y a un deuxième point. De la même manière, derrière chaque scène, il y a une scène alternative – et derrière chaque problème, une solution. »

Finalement, en leur conférant une vertu éducative, les œuvres de John Madu et Ousmane Niang passent de l'affront à son alternative – affirmant ainsi que l'art est sa propre forme de pouvoir. 

Informations
pratiques

Galerie AFIKARIS
38 rue Quincampoix
75004 Paris

Dates

Du 10 juillet au 14 août 2021 :
mardi, mercredi, jeudi, vendredi, samedi de 11h à 19h

Prix

0 €

S'y rendre

  • 11 : Rambuteau (238m) 4 : Étienne Marcel (336m)

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