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Dans les coulisses de Grease, la comédie musicale à Mogador
Un an après l’incendie qui l'a ravagé et empêché la tenue du spectacle Le Fantôme de l'Opéra, le théâtre Mogador se relève avec la comédie musicale Grease à l'affiche dès le 28 septembre. Nous avons arpenté les coulisses du show. Suivez-nous!
Martin Vienne - Grease

J'embrasserai le premier spectateur qui entre dans le théâtre !

Laurent Bentata, directeur général de Stage Entertainment France

"J'embrasserai le premier spectateur qui entre dans le théâtre!". Laurent Bentata, directeur général de Stage Entertainment France, ne peut cacher son euphorie face aux journalistes invités à découvrir en exclusivité la nouvelle production du groupe. Un an après la catastrophe qui a touché Mogador, un incendie de grande ampleur (qui a empêché Le Fantôme de l'Opéra, pourtant sur le point de commencer, de voir le jour), le théâtre est désormais flambant neuf et prêt à accueillir une création prometteuse: la comédie musicale "Grease". Des mois de travaux ont rendu au théâtre Mogador son éclat originel... et même plus. "Je vous demanderai de ne pas prendre de photos dans le grand foyer", demande Laurent Bentata. Malgré ce "Backstage Tour", Stage Entertainment souhaite garder quelques surprises aux spectateurs qui investiront le théâtre dès le 17 septembre pour des avant-premières de rodage, et plus officiellement à partir du 28 septembre, soir de la grande première. 

Une rénovation et des nouveautés

C'est dans la salle de spectacle à proprement parler que le plus gros de la restauration se perçoit. Les 1 600 fauteuils, alors imprégnés de l'odeur de brûlé, ont été remplacés et la machinerie scénique a été intégralement refaite pour permettre des changements de décor plus opérationnels. Dans la foulée, le théâtre Mogador propose même deux nouveautés: des écrans de surtitrage pour accueillir au mieux nos amis anglophones, et plus spécifiquement pour Grease des "lovers seats", cinq fauteuils rose et noir pour se lover à deux et assister au spectacle dans des conditions optimales. Située à l'emplacement initial de la fosse d'orchestre, cette rangée supplémentaire relègue les musiciens... sur scène!

Martin Vienne - Grease

"Nous avons voulu que les musiciens et les comédiens soient côte à côte. Dans des scènes comme celle du bal, ce rapprochement prend tout son sens", explique Éric Lousteau-Carrère, producteur exécutif chez Stage. Il accueille les journalistes sur la scène, alors dans sa configuration de diner. Deux milk-shakes alléchants nous attendent sur un comptoir, une guitare posée sur des tabourets de bar ne demande qu'à se faire gratter follement, une radio vintage trépigne d'impatience d'être allumée... "Les spectateurs doivent pouvoir identifier immédiatement l'univers des années 50." Il continue: "Le plateau central qui ressemble à un vinyle permettra des changements de décor. La scène se transformera en chambre, en garage auto, en stade...". Éric s'interrompt, il ne veut pas révéler tous les secrets du spectacle.

Martin Vienne - Grease

Le producteur emmène tout de même les journalistes sur la gauche de la scène où des dizaines d'objets sont rangés. Des pom-poms de toutes les couleurs, quelques bouquins dont l'intérieur a été creusé afin de les rendre plus légers, des cigarettes "à usage unique"... "Chaque comédien a son paquet de cigarettes aromatisées selon son goût. Le bout s'allume et de la vapeur en sort une fois en bouche", nous révèle Éric. Garée non loin de là, la célèbre et rutilante Greased Lightnin'. La voiture bleu électrique sera couverte de coques en polyester imitation rouille au début du spectacle, puisque les T-Birds (la bande de Danny) s’attellent à la rénover. Éric Lousteau-Carrère présente ensuite l'équipe technique, pour qui c'est la dernière ligne droite. Tous les corps de métiers s'assemblent. "Dans deux jours, le cast sera sur scène. Il s'agira alors de travailler la fluidité du show", résume Julius Tessarech, concepteur son. Ce dernier travaille déjà depuis des mois avec l'orchestre pour que tout soit bien calé. 

Justement, nous retrouvons à l'étage l'orchestre dans une salle de répétition. Dominique Trottein, directeur musical résident, joue et rejoue les morceaux de la comédie musicale avec trois de ses musiciens. Born to hand jive, Summer nights... Trois équipes se relaieront soir après soir sur scène.

Martin Vienne - Grease

L'orchestre se compose de trois cuivres, deux claviers, une guitare, une basse et une batterie. "Les cuivres seront plus présents dans cette adaptation. Par exemple, dans le titre "Sandy" dans lequel Danny chante sa tristesse d'avoir perdu Sandy, une clarinette basse remplace la guitare pour donner une couleur plus feutrée au morceau", confie le chef qui a manifestement disposé d'une grande liberté. "C'est une vraie réorchestration, une création originale", rappelle-t-il. 

La plupart des chansons en anglais

Quelques jours avant la première, Dominique Trottein règle les derniers détails: "Lorsque nous serons en plateau, le metteur en scène nous demandera très certainement d'appuyer certains gestes, d'apporter une énergie supplémentaire sur telle ou telle chanson etc." Nicolas Engel, qui a adapté le texte, est lui aussi en pleine phase de finitions: "Pour certaines chansons, on hésite encore entre l'anglais et le français, on teste... Mais je vous rassure, les chansons phares sont en anglais. Seuls certains couplets et certaines chansons sont en français pour ne pas perdre le fil narratif de l'histoire."

Seuls certains couplets et certaines chansons sont en français pour ne pas perdre le fil narratif de l'histoire

Nicolas Engel, adaptateur du texte

Pour réaliser cette énième version du spectacle, Nicolas a dû potasser une vingtaine de livrets. Il s'est finalement basé sur le script du film, celui de la version hollandaise de Martin Michel, également metteur en scène de cette version française, et... du spectacle de Broadway (1972)! "Avant d'être un film, Grease est une comédie musicale créée en 1971 par Jim Jacobs et Warren Casey. Ils se sont inspirés de leurs propres années lycée à Chicago pour écrire l'histoire. D'ailleurs, le titre "Grease" ("graisse" en français) évoque à merveille cette période de leur vie: leurs cheveux gras, les burgers dont ils s’empiffraient, leurs mains dans le cambouis, le lubrifiant..." Nicolas Engel poursuit: "Notre version est bien plus lumineuse que le spectacle originel. Nous avons par exemple donné un rôle plus important à Miss Lynch, la directrice de Rydell High. Elle intervient à plusieurs reprises dans le spectacle et s'adresse directement aux spectateurs comme s'ils étaient eux aussi des élèves!"

Dernières retouches à l'atelier couture

Quelques escaliers et couloirs parcourus, nous voilà à l'atelier couture installé dans un des foyers du théâtre. Corinne Pagé dirige les opérations. Ici quelques strass à coudre à la main, là l'emblème des T-Birds fixé à l'arrière d'un perfecto... 

Martin Vienne - Grease

10 costumières s'affairent à terminer dans les temps plus de 200 costumes. "Quand le spectacle aura commencé, notre travail ne sera pas fini pour autant: des habilleuses aideront chaque soir les comédiens à mettre et enlever leurs costumes et une équipe se chargera de l'entretien des textiles." Corinne révèle d'ailleurs sa recette magique: "pour désodoriser les costumes, je les vaporise d'un mélange fait d'un quart de vodka et trois quarts d'eau... Nous avons aussi un générateur d'ozone qui tue les bactéries". Et la chef d'atelier a de quoi faire: les comédiens se dépensent sans compter sur cette production. "C'est l'un des spectacles les plus physiques de Stage, alors il faut qu'on assure." 

Let's dance

Pour le personnage de Danny Zuko, tout le monde a pour référence John Travolta. Il faut passer outre et apporter de la nouveauté

Alexis Loizon, Danny Zuko dans le spectacle

"Et un, deux, trois et quatre..." Les comédiens, justement, sont en pleine répétition. Véronique Bandelier, metteuse en scène résidente, scrute la troupe en train d'offrir, aux yeux de la presse en tout cas, une magnifique performance: un medley Grease (la chanson)/Greased Lightnin'/Summer Nights se terminant par un doux baiser entre les deux acteurs principaux. Pas de danse, mimiques, clins d’œil... Les artistes semblent maîtriser leurs rôles à la perfection, pourtant quelques ajustements sont apportés: un placement plus précis pour ce petit groupe, ce pas à revoir pour d'autres... La bonne ambiance règne. Il faut dire que l'équipe est jeune, dynamique et manifestement pleine de bonne volonté. "On a beaucoup travaillé nos personnages. On a écrit leurs biographies, on se les ai racontées. On a essayé de créer quelque chose de réel", glisse Alyzée Lalande (Le Bal des Vampires, Notre-Dame de Paris...), Sandy Dumbrowski dans le spectacle. Yanis Si Ah qui joue Kenickie, le meilleur ami de Danny Zuko ajoute: "Oui, on s'est tous créé des souvenirs dans le détail. Nos biographies sont vraiment très construites." 

Un sentiment de fierté émane même de la salle de danse. "C'est ici, à Mogador, qu'on se rapproche le plus des shows de Broadway. Les personnages ont une vraie profondeur", complète Yanis. Et pour ceux qui penseraient ne voir sur scène qu'une vulgaire amourette en chansons, Alexis Loizon (La Belle et la Bête...), qui incarne Danny Zuko, soutient qu'il s'agit d'"une vraie histoire d'amour". "Il y a plus de relief que ce que l'on pense. C'est en tout cas ce qu'on va essayer de démontrer", insiste-t-il. Alexis est conscient de la grande pression autour de son rôle: "Pour le personnage de Danny Zuko, tout le monde a pour référence John Travolta. Il faut passer outre et apporter de la nouveauté tout en gardant une forme de nostalgie pour le public." Avant de quitter le théâtre Mogador, les artistes montrent aux journalistes un dernier aperçu de la comédie musicale: Shakin' at the High School Hop, un numéro de danse survolté. La troupe mérite une bonne nuit de sommeil et nous, nous repartons... "greasés"!

Les coulisses de Grease, la comédie musicale

Notre avis

Du grand spectacle. C'est un bonheur de retrouver sur scène ces chansons mythiques, jouées par un orchestre-live et interprétées par des comédiens talentueux et survoltés. Dans un décor impressionnant donnant vie au Chicago des années 50, le public ne voit pas passer les deux heures et demi de show. Le français sur certaines chansons ne gêne absolument pas. Tout est fluide. Pour un prix très abordable, laissez-vous, sans hésitation, "Greaser"!

Grease

Théâtre Mogador
25 rue de Mogador, 75009 PARIS

Du jeudi 28 septembre 2017 au dimanche 8 juillet 2018

payant
évènement terminé

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