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Michael Jackson sous toutes les coutures au Grand Palais
9 ans après la mort du Roi de la Pop, le Grand Palais accueille une expo qui lui est dédiée. Vous n’y trouverez toutefois aucune relique ayant appartenu à Jackson devant lesquelles vous recueillir: on s’intéresse ici au regard des artistes contemporains sur le mythe, pour le meilleur ou pour... enfin, vous voyez l'idée, n'est-ce pas.
Michael Jackson 1984

Aujourd’hui encore, Michael Jackson reste l’icône indépassable de la culture populaire, son alpha et son oméga. Plus hystérisant que les Beatles et les Stones réunis, par sa musique, sa voix, sa danse et ses gimmicks, mais aussi, bien sûr, grâce ou à cause du personnage borderline et surréel qu’il avait construit (parfois malgré lui) au fil des ans. Lui qui avait fait de son corps une œuvre d’art en soi, évolutive, de plus en plus synthétique et de moins en moins humaine, pour muter en une créature sans âge, sans origine, sans identité, ne pouvait qu’inspirer les artistes de son temps.

L’exposition revient donc sur l’impact de Jackson sur leur travail, selon une scénographie chapitrée par thématiques (Un danseur de légende, L’avènement du Roi de la Pop, Un citoyen du monde…), avec une grande variété de supports, d’approches, de représentations, et la présence de quelques grands noms de l’art contemporain, comme Andy Warhol, David LaChapelle ou Keith Haring. Elle reconstitue une sorte d’imaginaire collectif autour de Jackson, qui en dépit de sa surexposition publique, restait une personnalité complexe et énigmatique.

«The King of Pop” (#135) 1991-2018

Clairement, on n’est pas ici dans une expo hagiographique, avec des photos retraçant sa carrière, des costumes de scène ou des objets emblématiques. Il s’agit vraiment d’une réflexion autour de son statut de demi-dieu parmi les hommes, et sur la façon dont il s’était transformé en une sorte de concept, ancré dans l’inconscient de chacun. Un être plus prêt de la divinité que de l’humanité, comme le représente David LaChapelle dans ses immenses photos où Jackson apparaît en figure christique, tel le martyr d’une époque. En toute logique, les œuvres sont moins directement accessibles que des documents biographiques: elles surprennent, déroutent, impressionnent, laissent perplexes… Le lien direct avec l’icône est souvent ténu, et le sens de l’œuvre nous échappe parfois, au point que l’on peine à saisir l’intention de l’artiste. Mais c’est aussi, après tout, l’un des rôles de l’art: nous amener à nous questionner sur le sens d’une œuvre, et à nous demander si, d’ailleurs, une œuvre a besoin d’avoir d’un sens.

P.Y.T. 2009

La trace indélébile qu’a laissé un personnage hors normes sur son époque, c’est ce que l’on retient à la sortie de cette expo. Comment chacun a pu être marqué par lui, même en vivant dans une grotte ou en orbite dans l’espace, qu'on en garde l’image d’un génie artistique ou d’un mutant dont le visage ne tenait qu’à quelques fils tirés par ses chirurgiens… Les fans seront décontenancés et peut-être déçus, les amateurs d’art contemporain sans doute contentés, et les autres… devront venir se faire une idée!

Michael Jackson - On the Wall

Grand Palais
Avenue Winston-Churchill, 75008 Paris

Du vendredi 23 novembre 2018 au jeudi 14 février 2019

payant
évènement terminé
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