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Les robots débarquent à la Cité des Sciences!
Pas encore d’exposition permanente dédiée aux robots? Une anomalie réparée par la Cité des Sciences avec "Robots", intitulé sobre mais efficace. Loin des angoisses science fictionnelles, l’expo offre un concentré de l’état actuel de la robotique, et de ses applications au quotidien.
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Ils sont partout, et ça n’est pas près de s’arranger. Qu'ils soient robots matériels ou bots à l’état gazeux, ils ont investi tous les espaces de nos vies, tous les domaines de nos activités. Plus ou moins intelligents, mobiles, ou émancipés, nous nous en sommes rendus si dépendants qu’on imagine difficilement la survie de l’espèce humaine si un virus venait à les éradiquer. 

On est donc à la Cité des Sciences ET de l’Industrie, et l’exposition s’intéresse bien moins à l’aspect fantasmatique du robot qu’à la pointe de la recherche scientifique en matière de robotique, et à ses applications industrielles. Cela au fil d’un parcours compact et dynamique: la scénographie est pédagogique, ludique et interactive, puisque chacune des œuvres montrées permet au visiteur d’échanger avec elle, et s’adresse à tous les publics. C’est un exercice de vulgarisation réussi.

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En 2019, les robots en activité sur la planète ne sont donc pas encore les légions humanoïdes imaginées par la science-fiction. La majorité d’entre eux reste en effet des bras articulés utilisés dans l'industrie automobile, et ce sont deux éminents représentants de la communauté qu’a choisi l'artiste Aurélien Bory comme protagonistes de l’œuvre qui lui a été commandée. Deux grands et massifs robots industriels ancrés sous une cage de verre, impressionnants de force tranquille, capables en dépit de leur taille de mouvements d’une précision et d’une délicatesse exceptionnelles. La programmation en fait ici une sorte de duo comique, le maître et son apprenti, qui tente tant bien que mal, avec moult hésitations et tâtonnements, de reconstituer le mot "ROBOTS" sous les yeux du visiteur. Pièce maîtresse de l'expo, l'oeuvre nous rend ces robots sympathiques, et les fait même exprimer des traits de caractère, même si la machine demeure ici totalement sous le contrôle de son créateur.

Mais d’autres robots exposés volent de leurs propres ailes (c’est une image): du petit NAO, qui ressemble plus à un jouet pour enfants qu’à un terminator, au disque aspirateur qui se balade en toute liberté sur vos moquettes, la robotique est chaque jour plus imprégnée d’intelligence artificielle. Le robot perçoit l’information qui lui est transmise au moyen de capteurs, qu’ils soient sonores, visuels, spatiaux, il l’analyse en cherchant un cas de figure correspondant préprogrammé dans son système, selon des algorithmes toujours plus complexes, puis agit en conséquence en adoptant l’attitude associée. Parmi les machines croisées dans l’expo, on verra ainsi comment les aspirateurs se jouent des obstacles, des bras mécaniques qui reconnaissent et transportent des pièces d’un point A à un point B, mais aussi le toujours charmant Nao identifier votre visage et son expression, ou bien répondre à vos questions, pour peu qu’elles figurent bien sûr dans son répertoire.

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Ces intelligences artificielles, au contraire des bots dématérialisés auxquels nous sommes confrontés dans la vie quotidienne, sont donc ici physiquement incarnés dans des formes visibles et palpables, même si on peut déplorer que la vision de ce à quoi doit ressembler un robot humanoïde, selon les compagnies qui les fabriquent, converge trop souvent vers les mêmes clichés, et donne des robots qui ressemblent surtout à des jouets pour grands enfants. Bien plus impressionnants sont certains d’entre eux, réduits à de simples morceaux de squelette sans artifices, qui tentent de reproduire à l’identique le geste le plus naturel pour l’être humain, la marche, qui devient pour eux une tâche herculéenne, et un casse-tête éreintant pour tous les chercheurs en robotique du monde.

C’est peut-être là la morale de cette expo: malgré les progrès et avancées de la recherche robotique, et si la machine dispose de propriétés de calculs stupéfiantes, elle reste encore incapable de faire illusion lorsqu’il s’agit de trouver la meilleure façon de marcher. Ce qui a finalement quelque chose de rassurant: malgré ses efforts désespérés pour engendrer une créature à son image, l’homme ne peut encore se laisser duper par le reflet de sa propre création. Mais pour combien de temps?

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Cité des sciences et de l'industrie
30 avenue Corentin-Cariou 75019 Paris
Porte de la Villette, ligne 7
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