© Youcef Krache
Expositions
Algérie 91/19 : Michael von Graffenried & Youcef Krache
Galerie Esther Woerdehoff
La nouvelle exposition de la galerie Esther Woerdehoff confronte deux regards sur l’Algérie par la photographie.

“De 1991 à 2000 Michael von Graffenried a fait ces ”photographies d’une guerre sans images“ (titre de son ouvrage paru aux Editions Hazan en 1998), dans un pays sans caméras. Il a été le seul photographe occidental à témoigner pendant toute la décennie noire de l’Algérie. Youcef Krache qui n‘avait que quatre ans à cette époque, travaille aujourd’hui dans une période d’optimisme où les Algériens, chaque vendredi de manifestation, prennent des millions de photos avec leurs smartphones. Les jeunes gens sur les photos montrent leur joie, leur visage disent la volonté de l‘absence de violence, le désir d‘être pacifique.” Benjamin Stora, mai 2019

La nouvelle exposition de la galerie Esther Woerdehoff confronte deux regards sur l’Algérie par la photographie.

D’une part, les tirages vintages de Michael von Graffenried, quand le photographe suisse voyage en 1991 en Algérie et suit les premières élections libres qui débouchent sur la victoire du Front Islamique du Salut (FIS), pour la création d’un état islamique. L’intervention de l’armée interrompt le processus électoral et une guerre civile d’une dizaine d’années s’en suit, où se succèdent attentats terroristes, assassinats d’intellectuels et de journalistes et la violence de la répression. De 1991 à 2002, Michael von Graffenried fera une trentaine de séjours en Algérie et choisit le format panoramique qui devient sa signature, avec un appareil qui permet de photographier ses sujets à leur insu en visant au niveau du ventre. Il sera l’un des rares photographes occidentaux à documenter le terrorisme, sa répression et la vie quotidienne des Algériens dans cette situation de guerre civile.

D’autre part, celui de Youcef Krache, photographe algérien né en 1987, qui vit et travaille à Alger. Il est membre du collective 220 dont les photographes proposent un nouveau regard sur la société. Dans un noir et blanc contrasté au grain affirmé, Youcef Krache revendique de « proposer des miroirs à la société » par ses projets et photographie la rue et la population algérienne dans sa vie quotidienne. Depuis les manifestations de rue de février 2019 protestant contre la candidature de Bouteflika à l’élection présidentielle et appelant à une transition politique, il a choisi de concentrer sa photographie sur le suivi de cette actualité.

Youcef pourrait avoir été l’un de ces enfants photographié sur un terrain de jeux ou dans la rue par Michael. A près de 30 ans de distance, ces photographies confrontent deux moments d’Histoire et tous les espoirs d’un peuple.

Informations
pratiques

Galerie Esther Woerdehoff
36 rue Falguière
75015 Paris

Dates

Du 5 juin au 27 juillet 2019 :
mercredi, jeudi, vendredi, samedi de 12h à 18h

Prix

0 €

S'y rendre

  • 12 : Falguière (61m) 4, 6, 12, 13 : Montparnasse-Bienvenüe (360m)

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