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Paris la romantique, l'âge d'or en expos
Un vent de romantisme souffle en ce moment sur les musées de la Ville de Paris, avec une exposition phare au Petit Palais qui sublime le Paris romantique des années 1815 à 1848, et sa déclinaison au bien nommé musée de la Vie Romantique, où l'on s'intéresse particulièrement aux salons littéraires de la période. Nous les avons visitées pour vous.
Charles-Édouard Leprince (baron de Crespy), Promenade de Julie et Saint-Preux sur le lac de Genève, 1824, huile sur toile, Montmorency, musée Jean-Jacques Rousseau

Avant de commencer, une mise au point d'apparence négligeable, mais néanmoins utile: techniquement, c'est quoi le romantisme dans l'art? Ce ne sont pas des tableaux de dîners aux chandelles, ou des poèmes de déclaration enflammée en alexandrins, quel que soit le cliché que l'on a en tête: en tant que courant artistique, le mouvement romantique c'est avant tout une période, qui va de la fin du 18è siècle aux années 1850. Durant ces quelques décennies, les artistes s'autorisent à exprimer leurs états d'âme dans leurs œuvres, et ce dans tous les champs de l'art. Les tableaux, les livres, les sculptures, les pièces musicales exhalent de nouveaux parfums. Le rêve, le fantastique, le mystère, le morbide, la passion, la mélancolie sont au fondement des valeurs esthétiques défendues par les romantiques.

Si les deux expositions s’intéressent au Paris romantique, elles cherchent moins à analyser le mouvement, à se plonger dans ses œuvres emblématiques, qu'à observer comment il s'est épanoui à Paris, quel impact il a eu sur la vie artistique parisienne, et comment ses principaux acteurs ont vécu et créé à l'époque. 1815 à 1848, pourquoi? Les deux expos prennent en fait pour point de départ la seconde abdication de Napoléon en 1815, et se closent par la révolution de 1848, qui marque la désillusion de la génération romantique, une "fin de partie" symbolisée, au Petit Palais, par la présentation du manuscrit original de L’Éducation sentimentale de Gustave Flaubert.


François Louis Hardy de Juinne dit Dejuinne Madame Récamier à l’Abbaye aux-Dames, 1824, huile sur toile, 0,34 x 0,47 cm. Musée du Louvre

Au Petit Palais

"Paris Romantique, 1815-1848" au Petit Palais offre ainsi un vaste panorama de la création dans la capitale durant les années romantiques. Plus de 600 œuvres (peintures, sculptures, costumes, objets d’art et mobilier) plongent le visiteur dans le bouillonnement artistique, culturel et politique de cette époque. Originalité de la scénographie, le visiteur se promène dans Paris à la découverte de ses quartiers emblématiques à l'époque, une salle entière étant consacrée à chacun d'entre eux. On déambule donc entre les Tuileries, le Palais-Royal, la Nouvelle-Athènes, la cathédrale Notre-Dame de Paris de Victor Hugo, ou les Grands Boulevards des théâtres... Une promenade dans l'espace et le temps, au fil d’œuvres et d'objets essentiels pour comprendre la dynamique artistique à l'oeuvre durant cette période, et ce sans distinctions de prestige: on pourra y admirer tant des tableaux monumentaux de maîtres, que des pièces plus modestes, comme des vêtements, des éventails ou même... un peigne (superbement orné, cela va de soi).

L'élégance parisienne est ici à son meilleur, et l'on assiste à l'émergence, au détour d'une balade au Palais-Royal, des personnages de la parisienne chic et du dandy victimes de la mode. En miroir à ces figures bourgeoises, c'est aussi à cette époque qu'apparaît le mythe de l'artiste bohème, incompris et voué à la misère...

C'est une sorte d'exposition somme que propose le Petit Palais, d'une immense richesse. à la scénographie claire, accessible, didactique. Et la soif de grands noms du visiteur sera largement rassasiée: on y croise au détour des salles Delacroix, Géricault, Ingres, George Sand, Chopin et bien d'autres...

Au musée de la Vie Romantique

L’exposition se prolonge au musée de la Vie Romantique, qui propose quant à lui une immersion au cœur des salons littéraires de l’époque. Peintures, sculptures, dessins, costumes et manuscrits sont exposés au sein d’un parcours riche d’une centaine d’œuvres qui présente l’atmosphère, le déroulement et la postérité de ces salons. Véritables "laboratoires" de l’écriture romantique, ils réunissent les plus grands écrivains du début du XIXe siècle comme Victor Hugo, Honoré de Balzac ou encore Théophile Gautier. Ces salons incarnent la fraternité des arts chère au mouvement romantique, et l’expo met ainsi en valeur ces jeux d’échos entre la littérature, les beaux-arts et la musique. 

Difficile de trouver lieu plus approprié que le musée de la vie romantique pour accueillir cette exposition, par son nom, bien évidemment, mais aussi par son histoire. C'est en effet en 1830 qu'Ary Scheffer, portraitiste renommé sous la monarchie de Juillet, s'installe dans cette maison caractéristique de l’époque de la Restauration. Dans cet écrin lové au cœur du quartier à la mode de la "Nouvelle Athènes", le peintre reçoit dans son atelier-salon la crème de la crème du Tout-Paris artistique et intellectuel: le voisin Delacroix vient souvent prendre l'apéritif, George Sand passe avec Chopin qui s'installe au piano Pleyel, tandis que Rossini, Tourgueniev ou encore Dickens font figure d'habitués. On est donc là où les choses se sont passées.

Une certaine image de la vie artistique parisienne se dessine en filigrane de l'expo, peuplée de figures incontournables qui se peignent, écrivent les unes sur les autres, s’auto célèbrent... Un véritable microcosme qui fonctionne en vase clos, suivant les principes d'un entre-soi savamment entretenu, qui suscite d'ailleurs la critique et parfois la moquerie, comme en témoignent les dessins gentiment cruels des meilleurs caricaturistes de l'époque, qui s'en donnent à cœur-joie pour tourner en dérision quelques-unes des icônes artistiques de l'époque.

Pour que l'expérience soit totale, vous pourrez même profiter en guise de bonus à l'autre exposition actuellement à l'affiche au Petit Palais, "L'Allemagne romantique - Dessins des musées de Weimar". Vous y découvrirez une sélection de 140 dessins provenant de la riche collection des musées de Weimar en Allemagne. Ces feuilles d'exception qui offrent un panorama spectaculaire de l’âge d’or du dessin germanique de 1780 à 1850, à travers les œuvres de plus de trente-cinq artistes essentiels. Une occasion rêvée pour voir en vrai et de très près le coup de crayon des mythiques Caspar Friedrich et Johann Füssli. 

Le romantisme en théorie n'a plus de secrets pour vous, maintenant place à la pratique!

Paris romantique, 1815-1848

Petit Palais - Musée des beaux-arts de la Ville de Paris
2 avenue Winston-Churchill, 75008 Paris

Du mercredi 22 mai 2019 au dimanche 15 septembre 2019

payant
évènement terminé

Paris romantique 1815/1848, "les salons littéraires"

Musée de la Vie romantique, Hôtel Scheffer-Renan
16 rue Chaptal, 75009 Paris

Du mercredi 22 mai 2019 au dimanche 15 septembre 2019

payant
évènement terminé

L'Allemagne romantique - Dessins des musées de Weimar

Petit Palais - Musée des beaux-arts de la Ville de Paris
2 avenue Winston-Churchill, 75008 Paris

Du mercredi 22 mai 2019 au dimanche 1 septembre 2019

payant
évènement terminé