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W. R. Burnett l'écrivain qui a inventé le roman de gangsters
Bibliothèque des littératures policières (BiLiPo)
Conférence de Marie-Caroline Aubert et Benoît Tadié

En publiant son premier roman, Little Caesar (1929), William R. Burnett (1899-1982) a ouvert une brèche dans le monde du polar et imaginé un genre nouveau : le roman de gangsters. Il renverse la perspective, ses romans noirs plongent dans l'underworld – la pègre à l'âge de la Prohibition, la corruption qui gangrène toutes les strates de la société au grand jour – et font des criminels professionnels leurs personnages principaux. Servies par des intrigues élaborées, un style concis, un sens inné du dialogue, ses histoires livrent une fresque historique et sociale des États-Unis. Burnett y a inventé une subjectivité – criminel, le malfrat n'en est pas moins un être humain en proie à des doutes, des rêves et des cauchemars – et offert «une image du monde vu par les yeux d'un gangster».

En proposant pour la première fois en français des traductions intégrales et révisées, l’édition Quarto Gallimard invite, à travers une trilogie – The Asphalt Jungle (1949), Little Men, Big World (1951) et Vanity Row (1952) – augmentée d'Underdog (1957) et de The Cool Man (1968), à plonger dans l'univers du Milieu et du syndicat, où les mitraillettes ont fait place à la corruption, à la menace et au chantage.

Scénariste réputé de Hollywood, Burnett est avant tout un écrivain. Inédits, des extraits de son Journal et le témoignage de son fils révèlent un homme érudit qui constelle son œuvre de références aux classiques (de Virgile à Casanova, de Byron à Fitzgerald, de Balzac à Anatole France). Si la postérité ne semble retenir que le versant hollywoodien de son œuvre, William R. Burnett, figure importante du premier roman noir, n'en fut pas moins l'inventeur d'un univers narratif dans lequel beaucoup ont puisé. «Aux États-Unis, il y a un snobisme littéraire. Si c'est un roman de gangsters, ça ne peut pas être de la littérature», affirmait-il. Et cette nouvelle édition de nous prouver qu'il avait tort.

Benoît Tadié, éditeur scientifique de ce volume et Marie-Caroline Aubert, qui a révisé l’ensemble des traductions, reviennent sur le travail accompli pour la reconnaissance de cet auteur majeur de la littérature américaine.

Ancien éléve de l’Ecole Normale Supérieure, agrégé d’anglais, Benoît Tadié est professeur d’études américaines à l’université de Rennes 2. Il a notamment publié Le polar américain, la modernité et le mal (2006) et Front criminel : une histoire du polar américain de 1919 à nos jours (2018) aux Presses universitaires de France.

Marie-Caroline Aubert est traductrice de l’anglais et compte à son actif de nombreuses traductions de romans noirs et de romans policiers. Elle a aussi été critique de polars puis éditrice aux éditions du Masque et aux éditions du Seuil, et depuis février 2018 à la « Série noire » chez Gallimard.

Informations
pratiques

Bibliothèque des littératures policières (BiLiPo)
48 rue Cardinal Lemoine
75005 Paris

Dates

Le samedi 28 septembre 2019
de 16h à 17h

Prix

0 €

Sur réservation

S'y rendre

  • 10 : Cardinal Lemoine (117m) 7, 10 : Jussieu (314m)

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