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Walk the line : Cap sur L'Atlas!
À la croisée du graffiti, de la calligraphie, de l’abstraction géométrique et de l’art optique, "Walk the line with L'Atlas", la nouvelle exposition-voyage du Musée en herbe, met en lumière le travail et les influences du street-artiste L'Atlas. Rendez-vous pour un tour du monde entre archéologie et graffiti qui risque bien de vous déboussoler!
Sol Vinzavod

L’artiste français Jules Dedet, dit L’Atlas est, depuis son plus jeune âge, passionné d'histoire et de géographie. Les voyages sont au cœur de son travail. Lorsqu'il découvre la culture du graffiti dans les années 90, il met en pratique ses connaissances de la calligraphie arabe et chinoise pour créer ses propres typographies originales. L'idée est alors, de créer un langage pictural universel, qui soit un juste équilibre entre la forme et la lettre, à la manière de l'écriture koufique, qui sera la base de son inspiration. Mais le street-artiste, aujourd'hui connu mondialement pour ses œuvres à la rigueur géométrique, n'en est pas moins un brouilleur de piste... Entre Nouveau Réalisme, Op Art, abstraction géométrique ou calligraphies millénaires, on découvre ses œuvres mais aussi celles d'artistes célèbres qui ont inspiré son travail. L’Atlas aime briser les codes.

L'Atlas

Calligraphie et archéologie

L'exposition Walk the line nous plonge d'emblée, dans les influences artistiques et culturelles qui jalonnent l'oeuvre de L'Atlas, avec toujours le même fil conducteur: son blaze.  Dès l'entrée, une oeuvre surmontée de l'inscription "Je m’appelle L'Atlas" démontre l'importance de la signature.  Pourquoi "L'Atlas"? Les références sont multiples : Titan mythologique, recueil de cartes géographiques, ou chaîne de montagnes où il a été initié à l'art de la calligraphie, toutes témoignent de l'aspect universel du mot, bien au-delà des barrières linguistiques ou culturelles.   

La visite promet bien des surprises, et cela commence dès les premiers pas, lorsque l'on tombe nez-à-nez avec des trésors archéologiques sortis exceptionnellement des réserves du Louvre. Les œuvres de L'Atlas, sont exposées ici face à des «fragments archéologiques» prêtés par le célèbre musée parisien. On y découvre l'importance que revêt l'archéologie et la calligraphie dans sa création. L'artiste aime mêler techniques ancestrale et modernes. On apprend, par exemple que c'est lors d'un voyage en Grèce, qu'il tombe amoureux du marbre. Pour remonter le temps, il crée des œuvres sur marbre et les brise parfois pour qu'elles ressemblent à des vestiges archéologiques.

Au sol, une ligne blanche, représentative de l'oeuvre de l'artiste, nous invite à poursuivre notre chemin jusqu'à la deuxième salle, résolument plus urbaine.

Graffiti

Bancs, boîtes aux lettres, panneaux de signalisation, plaques d'égout, rideaux de fer ou affiches..., les éléments du mobilier urbain deviennent le support idéal pour graver son nom. Armé de sa bombe de peinture, de ses rouleaux adhésifs, et de ses stickers, L'Atlas dépose son empreinte et décline son "blaze" pour faire de la ville, un musée à ciel ouvert!  Cette seconde salle nous immerge dans la culture hip-hop autour de laquelle il gravite dans les années 90 et qui l'amène à débuter le graffiti. 

Fils d’un grand monteur du 7e art, les matériaux et les techniques de l’époque argentique, notamment l’adhésif, l’influencent. Il s’inspire du montage et aime l’idée de coller deux éléments pour en créer un nouveau. L'aérosol est à cette période, son médium de prédilection pour créer ses labyrinthes artistiques et poser sa signature. Sa signature, qu’il transforme en frises graphiques est partout représentée. La typographie utilisée pour ses tags les rend presque abstraits : c’est le motif géométrique qui apparaît, bien avant que les lettres ne deviennent lisibles pour les spectateurs et les spectatrices. 

Un peu plus loin, une boîte aux lettres attire notre attention. bombée en noire et totalement customisée de collages et de stickers, elle fait écho à deux œuvres de Jacques Villegé. L'artiste du mouvement des nouveaux réalistes rôdait dans les rues parisiennes en arrachant des affiches pour en faire des tableaux. Comme lui, L'Atlas s'est essayé à transformer à sa façon des affiches récupérées dans la rue. 

Expo L'Atlas

À l'image de Jacques Villegé ou de Keith Haring, de grands artistes ont marqué de leur influence, le travail de L'Atlas... Il s'est intéressé à d'autres techniques, d'autres approches pour nourrir son art. Toujours dans l'esprit de faire tomber les frontières entre les différents mouvements.

Art optique et cinétique

Attention les yeux! Notre progression vers les troisième et quatrième salles de l'exposition, nous amène dans une toute autre direction. Ici trompe-l’œil, jeux optiques et œuvres hologrammes nous font perdre nos repères. L’Atlas réinvente continuellement son étude de la lettre et de la ligne, en utilisant du mouvement ou encore en sollicitant l’œil du visiteur.euse en créant des illusions d’optiques. Fasciné par l'art optique, L'Atlas s'est beaucoup inspiré du père de l'Op Art: Victor Vasarely. Deux grandes toiles du maître sont d'ailleurs exposées face à celles du street-artiste. 

Petit clin d’œil: Le musée nous propose de retrouver sur écran l'élaboration de "I WAS HERE", une des œuvres hologrammes les plus emblématiques de L'Atlas. C'est en effet, la première affiche du M.U.R Oberkampf. collée de manière officielle, elle marque également le début de sa reconnaissance artistique dans le monde du street art.. 

Prédominance de noir et de blanc, dans cette salle, l’œil est sans cesse happé et sollicité. Certaines œuvres sont même difficiles à regarder tant elle perturbe l’œil par son abstraction. Elle contraste avec la partie suivante qui présente des peintures fluorescentes activées par des néons dans une salle obstruée. La plupart de ses œuvres fluorescentes n'ont jamais été exposées. 

Voyages et déplacements

L’espace-temps est le leitmotiv central de l’œuvre de L’Atlas. Les voyages y ont une place prédominante. C'est d'ailleurs là que nous amène la dernière salle de l'exposition. L'énorme globe terrestre qui trône au milieu de la salle en témoigne et retrace les différence étapes de l'artiste à travers le monde. En effet, on découvre par le biais de clichés et d'un film court, l'un des projets phare du street-artiste: "Les toiles errantes". Il consiste à prendre en photo les sept premières toiles qu'il a réalisées, en les mettant en situation sur cinq continents. Sept toiles errantes. Sept comme les Pléiades, filles du titan ATLAS, symbole de l’univers en mouvement. 

expo L'Atlas

Depuis 2001, à chacun de ses voyages, L'Atlas emporte avec lui une ou plusieurs œuvres qu'il immortalise par la photographie, au milieu d'une scène de genre. On les retrouve dans un marché d'art de Moscou, sur un immeuble en construction d'Istanbul. L'artiste a ramené des milliers de clichés d'au moins 70 villes dans le monde. Cela donne des scènes drôles, insolites, mais toutes emplies d'émotion et de beauté.

Cette dernière salle est aussi un condensé de l'artiste. La calligraphie, l'art optique, ses boussoles labyrinthiques, ses voyages, ses influences... tout y est représenté. On y trouvera ses premiers croquis sur des feuillets à petits carreaux, ses outils de prédilections et même une canette de Perrier customisée par ses soins et petit rappel de ses collaborations avec de grandes marques. Pour L'Atlas "être artiste réside principalement dans le fait de ne jamais oublier ses rêves d'enfant et de pouvoir les partager avec la nouvelle génération". Le Musée en herbe semble avoir été pour lui le terrain de jeu idéal. 

Une expo à hauteur d'enfant

Car le choix de l'endroit n'est pas anodin comme tous les lieux choisis par L'Atlas. Le Musée en herbe présente des expos prestigieuses adaptées à tou.te.s et des parcours dont les visiteurs sont les héros. Une approche de l'art basée sur le jeu et l'humour qui fait son succès. Et dès l'entrée, les enfants peuvent se mettre dans la peau de l'artiste en enfilant une casquette orné de son nom! Un petit carnet les accompagnera aussi tout au long de la visite pour apprendre en s'amusant. 

Les jeunes visiteurs se transforment en petits explorateurs et partent sur les traces des différents courants artistiques qui ont inspiré L’Atlas. Munis de boussoles, ils tenteront de ne pas se perdre dans les fameux labyrinthes de l’artiste! Ils réaliseront leur propre fouille archéologique, créeront leur blaze sur un panneau de signalisation, et voyageront avec l’artiste, en découvrant toutes les techniques et les supports qu’il utilise. 

Mais la dernière salle est à coup sûr la cerise sur le gâteau pour les enfants. Ici tout est fait pour jouer avec les œuvres de l'artiste. Et pour l'avoir testée, l'expérience inédite d’immersion grâce à la Réalité Virtuelle est surprenante. Levez la tête et regardez à travers le toit en verre, on peut voir apparaître l'une des plus grandes œuvres réalisées par L'Atlas en 2016... Une fresque représentant une cascade sur un mur haut de 40m!

Le Musée en herbe réussit à nouveau le tour de force de nous proposer une exposition riche et accessible à tou.te.s. Un parcours initiatique à l’histoire de l’Art, à travers une découverte du travail de L’ Atlas. Le temps de cette visite, on est totalement immergé dans l'univers et l'imaginaire d'un artiste hors norme et inclassable. De quoi déboussoler petits et grands! À découvrir d'urgence.

De l'archéologie au graffiti - Walk the line with L'Atlas

Musée en herbe
23, rue de l'Arbre-Sec, 75001 Paris

Du jeudi 3 octobre 2019 au dimanche 22 mars 2020

payant
évènement terminé

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Publié le lundi 30 janvier 2017