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Exposition "De l'amour", une science des sentiments?
Le Palais de la Découverte élargit sa cible habituelle avec un thème qui passionne les foules et s’adresse aux adolescents comme aux adultes : l’Amour. «De l’amour» est une exposition transdisciplinaire qui sera la dernière du Palais de la Découverte avant sa fermeture en août 2020 pour quatre ans.
© Universcience-Camille Lebris

L’amour. Un sujet vu et revu, exploré depuis la nuit des temps par tous les arts existants. Un sujet insondable, énigmatique, insaisissable. Alors quand le Palais de la Découverte propose une nouvelle exposition intitulée «De l’amour», on se surprend à rêver trouver des réponses. Enfin des réponses... et scientifiquement prouvées en plus! Serait-ce la fin de mes questionnements, angoisses et autres tourments ? J’ai testé pour vous.

Voyage en terre amoureuse

C’est donc le cœur battant que je pénètre au cœur «De l’amour», un mardi après-midi de décembre. Ambiance tamisée, moquette au sol, sons feutrés et petites alcôves disposées çà et là, la scénographie s’adapte intelligemment à son sujet, et propose donc un cadre intimiste à ses visiteurs.  

On pénètre tout d’abord dans la «Galerie des attachements», première partie de l’exposition. On y découvre différentes installations célébrant ou questionnant l’amour, des poèmes, des témoignages, des extraits sonores, des vidéos, ou encore des reproductions d’œuvres d’art célèbres. En forme de bric-à-brac, cette Galerie des attachements nous plonge dans les méandres de la tendresse, de la passion, de la dépendance, du tourment qui parfois en découle. Le petit Nicolas est touchant, à s’inquiéter plus que de raison, du haut de ses 6 ans, de ne pas trouver d’amoureuse car " elles sont toutes déjà mariées" (extrait de l’émission «Cartier Libre» de France Inter sur fond de murs tagués au stylo par de jeunes amoureux). Des petites bulles sont disposées tout au long du parcours. Dans l’une d’elle, le visiteur averti découvre en vidéo une chorégraphie aux allusions explicites entre une femme et un homme. Un dispositif de poétisation du réel, qui questionne en même temps notre rapport collectif à la sexualité, pas toujours aisé, comme en témoigne le léger malaise qui plane dans ce petit renfoncement.          

Scène de ménage - De l'amour

Une première distinction, qui sera le fil rouge de la visite, est présentée au visiteur. L’amour est multiple, protéiforme, mais on peut néanmoins distinguer quatre grandes formes d’amour : érōs, le désir, la passion charnelle ; storgê, l’amour familial ; agapē, l’amour désintéressé et philía, l’amitié, le lien social.      
 
L’exploration des territoires amoureux n’est donc pas le seul propos de l’expo. L’attachement familial, et surtout maternel qui est certainement la première forme d’amour, l’amitié, éternel outsider dans l’ombre de l’amour romantique, l’attachement à un animal, à un objet… Le spectre de l’amour est si large, pourrait-on dire infini ?             

Ok, je la sens bien cette expo, je viens à peine d’entrer et j’apprends déjà des choses dont je n’avais jamais entendu parler, et même des mots stylés en grec ancien. Vivement que tous les mystères de l’amour me soient enfin dévoilés !       

"On ne badine pas avec l'amour"

Cette charmante parenthèse refermée, on passe ensuite à la deuxième partie de l’expo plus «Palais de la Découverte» style : la Galerie des Sciences. À coup sûr, ils ont gardé les révélations importantes, à grand renfort de chiffres et d’études rigoureuses pour cette section-là ! I can’t wait anymore.            

La parole est ici donnée aux neuroscientifiques, philosophes, sociologues et autres psychanalystes. Des chercheurs, qui se sont tous intéressés au sentiment souvent considéré comme le plus universel qui soit. Est-il possible de rationaliser l’amour, cette alchimie qui nous échappe, ces émotions qui nous débordent ?  

© Universcience-Camille Lebris PETIT

Amours numériques, différence entre l’identité de genre et le sexe biologique, pansexualité, empathie naturelle, consentement sexuel (expliqué par une tasse de thé), rôle des hormones… De nombreux sujets sont balayés mais… Pas de verdict, pas de dénouement en vue…          

Qu’elle ne fut pas ma déception d’apprendre… Que le mystère demeure. Je me sens flouée. Pas de médicament contre la maladie d’amour, pas de recette toute faite pour trouver sa moitié, pas de marche à suivre pour séduire sans s’attacher.            

Pour me consoler, je m’assois devant le juke-box dédié aux chansons d’amour qui trône près de la sortie. J’opte pour la playlist « philía » (l’amitié, si vous n’avez pas suivi). De Vald à Rihanna, je digère ma déception et redresse la tête grâce à Brassens parce qu’après tout, les copains d’abord!  

"De l’Amour", c’est avant tout une expérience. Un temps pour soi, propice à l’introspection, un moment tout doux, parfois amer, jamais vain. Alors non, vous ne trouverez pas au Palais de la Découverte la réponse à toutes vos interrogations, le remède à votre mélancolie ou le secret de l’être aimé MAIS, peut-être, quelques outils qui vous rappelleront que ce sentiment est le plus universel qui soit, que certains mécanismes peuvent être rationalisés, et qu’il n’y a rien d’anormal à ressentir ce que vous ressentez. Haut les cœurs. 

PS : Merci aux couples qui visitent à deux d’être heureux pudiquement.

De l'amour - L'exposition

Palais de la découverte
2 avenue Franklin D. Roosevelt, 75008 PARIS

Du mardi 23 juin 2020 au dimanche 27 septembre 2020

payant
évènement terminé