Mairie de Paris / Alexandre PAUFERT
Événements
FESTIVAL HORS PISTES, LE PEUPLE DES IMAGES
Centre national d'art et de culture Georges Pompidou
Le Festival Hors-Pistes revient au Centre Pompidou du 24 janvier au 9 février 2020, avec une édition consacrée au Peuple des Images. Depuis 15 ans, ce festival gratuit questionne les sujets d'actualité et leurs échos dans l'art contemporain, le cinéma et la philo, avec des projections, une belle exposition et des rencontres...

Le Festival Hors-Pistes revient au Centre Pompidou du 24 janvier au 9 février 2020, avec une édition consacrée au Peuple des Images. Depuis 15 ans, ce festival gratuit questionne les sujets d'actualité et leurs échos dans l'art contemporain, le cinéma et la philo, avec des projections, une belle exposition et des rencontres...

Prendre la mesure de cette foule qui peuple aujourd’hui nos regards: c’est ce que proposera cette quinzième édition de Hors-Pistes, festival dédié chaque année à explorer les images en mouvement et rencontrer celles et ceux qui en font la matière de leur création, de leur pensée ou de leur écriture.

De Khartoum à Santiago, de Beyrouth à Hong-Kong, d’Alger aux Champs-Elysées : depuis un an et demi, des vagues humaines déferlent dans les rues et les places, comme sur les écrans de télévision ou de smartphones. De ces rassemblements, les images ne se contentent pas de porter le témoignage: parce que ces nouveaux peuples éphémères se filment et sont filmés, se fictionnent et sont fictionnés par d’autres, leurs images jouent comme autant de liens et de relais.

Exposition : bain de foules

Dans les espaces ouverts du Forum -1, les photogrammes du prochain film du réalisateur Tariq Teguia marqueront silencieusement les clameurs du peuple algérien, ouvrant sur une exposition conçue comme un véritable bain de foules : foules interactives (installations de Samuel Bianchini ou Lorena Zilleruelo), filmées par des amateurs ou modélisées en 3D par l’artiste Clemens Van Meyer ; foules d’incompté.es insistant à se faire reconnaître dans l’installation de Forensic Architecture et dans les oeuvres féministes de Kate Cooper, ou hybrides et méconnaissables dans celles de John Rafman et de Bertrand Dezoteux. Foules infographiées chez l’artiste turc Refik Anadol qui dresse une carte de l’espèce humaine à partir de nos data.

PROJECTIONS ET RENCONTRES

Pour sa quinzième édition, le festival Hors-Pistes s’attache à explorer, confronter et interroger les métamorphoses que les expérimentations artistiques et les usages individuels impriment aux images contemporaines, dans toute la diversité des registres où celles-ci se meuvent – du cinéma aux séries, à la vidéo, aux images de synthèse, etc. Que sont, qui sont toutes ces images qui nous traversent sans cesse en abondance ?

Parler de « peuple des images », c’est se demander comment la culture visuelle modèle les mobilisations collectives, mais c’est aussi s’arrêter sur les images multiples qui peuplent notre quotidien et nos imaginaires, imprègnent nos relations et nos subjectivités, faisant de nous des images vivantes. Si, individuellement et collectivement, nous sommes chaque jour filmeurs, filmés, regardeurs, détracteurs, passeurs d’images, comment l’existence de celles-ci se trouve-t-elle transformée en même temps que la nôtre ? Partir à la rencontre du peuple des images, c’est comprendre (entre standardisation et écart à la norme) de quelles dominations et de quelles virtualités ces partages sont les vecteurs. C’est aussi se demander ce que deviennent les peuples en lutte d’être tantôt dématérialisés, synthétisés et reconstruits par les flux numériques, tantôt scrutés par des récits – fictions, séries, documentaires – qui étirent leur durée pour mieux sonder la diversité et le devenir des foules.

Pour suivre ces transformations, Hors-pistes investit le Forum -1, y mêlant images amateurs et installations vidéos, aperçus de l’année écoulée et images virtuelles, donnant corps à cette continuité mouvante qui forme désormais pour nos yeux une deuxième peau. Se mêlent aussi les mouvements du cinéma, des séries (à travers l’invitation du scénariste David Simon, des cinéastes Lav Diaz ou Sergei Loznitsa) et l’exercice de la parole et de la pensée : chaque jour, feuilletons dialogués et cartes blanches, leçons d’images et marathons de discussion réunissent philosophes, historiens, écrivains, cinéastes, pour répondre à cette inquiétude que formulait déjà le promoteur des visual studies, W.J.T.Mitchell : Que veulent les images ?

CONFÉRENCES ET RENCONTRES

Parole : des feuilletons au long cours.

A cette irruption des foules, répond du côté de la réflexion une pluralité des voix, conviées durant deux semaines à inventer une parole adéquate aux images d’aujourd’hui. Chaque soir, à 19 heures, « La Leçon des images » convie tour à tour treize grandes voix du cinéma (Tariq Teguia, Rebecca Zlotowski), de la littérature (Chloé Delaume, Alain Damasio), des sciences humaines (Elsa Dorlin, Peter Szendy, Paul B. Preciado...), du journalisme (David Dufresne) à commenter une séquence de leur choix parmi les vidéos qui, au fil des réseaux sociaux, ont marqué les regards ces douze derniers mois.

A 18h, deux feuilletons de longue haleine sont confiés une semaine durant, l’un à l’historien Patrick Boucheron en dialogue avec le philosophe Mathieu Potte-Bonneville (« Quel peuple ? Quelles images ? »), l’autre à la journaliste et écrivaine Marie Richeux : avec ses invitées (Hélène Cixous, Mathilde Girard, Alice Diop, Nastassja Martin) celle-ci feuillettera leurs albums mentaux afin d’imaginer (en écho à Virginia Woolf) ce que peuvent être pour les artistes femmes « Des images à soi ».

Ponctuations : de nombreux rendez-vous

Ouvert par une conférence inaugurale de Georges Didi-Huberman (« Barricades de papier ») et un concert des « sampleurs d’images » Addictive TV, le festival Hors-Pistes est rythmé par trois après-midis dédiés à des « marathons de parole » collectifs, confiés (le 25/1) à Maxime Boidy, spécialiste des visual studies, (le 1/02) à la revue Immersions (revue de référence sur le jeu vidéo), et à la curatrice Julia Marchand (le 9/02).

Enfin, deux rendez-vous élargissent la perspective vers d’autres horizons : un séminaire consacré aux autobiographies de cinéma convie chercheurs, étudiants et grands publics à se pencher sur la collection « où en êtes-vous ? » (films commandés par le Centre Pompidou depuis de nombreuses années aux cinéastes accueillis pour une rétrospective, en présence de Barbet Schroeder (tbc)) ; un numéro spécial du « Mensuel », la nouvelle revue parlée du Centre Pompidou reviend, autour du photographe Bruno Serralongue, sur la pluralité des regards portés sur l'expérience de l'exil et de la migration en écho à l’exposition « Calais : témoigner de la jungle ».

Informations
pratiques

Centre national d'art et de culture Georges Pompidou
3 rue Beaubourg
75004 PARIS

Dates

Du 24 janvier au 9 février 2020 :
lundi, mercredi, jeudi, vendredi, samedi, dimanche de 11h à 21h

Prix

0 €

S'y rendre

  • 11 : Rambuteau (55m) 1, 11 : Hôtel de Ville (398m)

Par ici la compagnie !