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Gambadez parmi les herbes folles à Montmartre
Bonne nouvelle en ces temps quelque peu troublés, les Parisien.ne.s se réapproprient la Butte Montmartre, délaissée par les touristes. En collaboration avec Georges Feterman, l’auteur de "20 promenades nature dans Paris", nous avons sélectionné un des itinéraires du livre afin de (re)découvrir la butte hors des sentiers battus !
Jardin Frédéric Dard

Au delà des clichés et des incontournables touristes qui se limitent souvent au Sacré-Cœur et à la place du Tertre, l'ancien village de Montmartre recèle des trésors de nature, de modestes jardins, de flores des cimetières et des pavés, de vieux murs, d'oiseaux chanteurs. Dans le fouillis végétal, les surprises biologiques sont inépuisables, de la Cité des artistes au Jardin du Musée de Montmartre.  

Départ et arrivées: métro Lamarck-Caulaincourt (ligne 12)
Durée: 2h30
Nos conseils: Attention, il y a plusieurs escaliers assez raides, au long de la promenade. Forcément, c'est Montmartre !

Dans la pente, retrouvez la célèbre vigne, que fit planter Poulbot en 1930 pour limiter la pression immobilière. Les cépages, Gamay et Pinot noir, fournissent une piquette fort réputée, vendue aux enchères. Il s'agit d'une des vendanges les plus tardives de France, en raison de l'exposition plein nord du vignoble. Il y avait autrefois des vignes à Montmartre, mais... de l'autre côté, orienté plein sud, à l'emplacement de l'actuel square Louise Michel, qui descend du Sacré-Cœur vers le métro Anvers. 

Remontez la rue des Saules jusqu'à la rue Cortot.
Un vieux mur a ici été préservé pour maintenir un peu de végétation sauvage dans la ville.  Des graines ont peu à peu germé entre les pierres, créant un petit bois urbain, composé d'ailantes, d'érables sycomores et de robiniers faux-acacias. Quelques arbustes, comme le Sureau et l'arbre à papillons, ou buddleia, se sont fait aussi leur place.

Au Lapin Agile à Montmartre / 20 balades nature dans Paris

Prenez la rue Cortot à gauche
Le musée de Montmartre est fort intéressant, d'autant plus que son jardin, récemment rénové, est complètement accessible moyennant le droit d'entrée au musée. Sa flore diversifiée prolonge le jardin Saint-Vincent, sur la droite, laissé volontairement en friche pour favoriser l'épanouissement d'une flore "sauvage" parisienne. Beaucoup d'érables, de sureaux, de robiniers abritent un riche sous-bois où fleurissent les chélidoines, les lamiers blancs et pourpres, les renoncules.

Tournez à droite dans la rue du Mont-Cenis, puis encore à droite dans la rue Norvins.
Un peu plus bas le minuscule jardin Frédéric-Dard prolonge le jardin de la cité des Artistes. Celui-ci est devenu au fil des temps un vaste espace de nature qu'il convient de préserver en l'état. La nuit, avec un peu de patience, on peut entendre le hululement de la chouette hulotte, et dans la journée le chant merveilleux de la grive musicienne. Il faut toujours rappeler aux aménageurs que le "fouillis végétal" est de loin le plus favorable à la biodiversité. S'il ne plait pas à tout le monde, il est certain qu'il a les faveurs des oiseaux, des insectes et des petits mammifères. La fouine ne s'y trompe pas, bien présente en ces lieux très tranquilles.

Deux pigeons à Montmartre
Ressortez dans la rue Norvins, que vous descendez vers la droite, jusqu'à la place Marcel Aymé.

Repérez sur le grand mur à droite le Passe-Muraille, une sculpture réalisée par Jean Marais, pour rendre hommage à Marcel Aymé. Entre l'avenue Junot et la rue Girardon, entrez dans le square Suzanne Buisson, pour rendre hommage à celui qui a donné son nom à Montmartre. On y trouve en effet la statue de Saint Denis qui traversa le nord de la capitale jusqu'à l'emplacement de la basilique actuelle, portant sa tête entre les mains. Supplicié par les Romains, comme ses compagnons Éleuthère et Rustique, il est devenu un martyr et la célèbre butte est devenue le "mont des martyres" qui par contraction a donné "Mont...martre"!

En quittant le square de l'autre côté, empruntez le petit passage qui commence avec quelques marches d'escaliers.
L'allée des Brouillards est pleine de charme, avec un manoir (ou plus précisément une "folie", une maison de villégiature) que Gérard de Nerval désigna sous le nom de "château des Brouillards", à cause des brumes qui montaient de l'abreuvoir voisin. Devant, le bâtiment, un tilleul semble hésiter pour trouver la bonne direction.

À gauche de la statue de Dalida, la rue Girardon vous ramène vers le métro Lamarck-Caulaincourt, l'occasion de réviser le nom de quelques-unes des herbes folles observées tout au long de la promenade.

Itinéraire de la balade Gambader parmi les herbes folles à Montmartre

Balade extraite du livre 20 promenades nature dans Paris de Georges Feterman aux éditions Bonneton.

Notre rencontre avec l'auteur: 

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Publié le mercredi 17 mars 2021