Le Paris des Parisien·ne·s
M. Boisson, un Patrick qui connait son quartier
Si vous traînez du côté de la mairie du 15e, vous avez surement déjà rencontré ce drôle de personnage. A l'occasion de la Saint Patrick, nous avons rencontré Patrick Boisson, une figure, limite historique, du quartier Blomet.
Patrick Boisson

"Boisson chaude! Boisson froide! Mon nom a beaucoup fait rire les copains quand j'étais à l'école!" Né à Paris, dans le 14e, Patrick habite depuis toujours dans le 15e. "J'habite depuis 71 ans dans la même rue", précise-t-il. Enfant, il écume avec bonne humeur les écoles du quartier, la maternelle rue des Volontaires puis l'école primaire à côté, la même que sa filleule fréquente aujourd'hui. Comme elle, il a appris à nager à la Piscine Blomet.  Adolescent, il adhère même au Neptune Club de France. "La meilleure note que j'ai eue au lycée, c'était un 20, en natation!"

Piscine Blomet

A l'époque, le quartier est plus populaire qu'aujourd'hui, "Dans ma rue, les maisons étaient délabrées, ça sentait pas toujours très bon, les gens balançaient des ordures partout. Du côté du Bal Nègre, qu'on appelle aujourd'hui le Bal Blomet, il y a avait parfois des bagarres. Un jour, en rentrant de l'école, il y avait un homme étendu sur le sol avec du sang, je l'ai contourné, je crois qu'il était mort." Mais Patrick n'est pas du genre a rester grave longtemps. "Il y avait une espèce de folklore qu'aujourd'hui je ne supporterais pas, je dois dire", ajoute-t-il avec humour.

1
Bien manger
Au Bal Blomet, il y a des concerts bien entendu, mais aussi un restaurant. On y mange très bien. J'y vais souvent le midi, un vrai régal!
Le Bal Blomet
33 rue Blomet
Paris 15E
Paris. 1952. Bal Negre.

Malgré sa bonne note en piscine, Patrick rate son Bac. Au lycée Jean-Baptiste-Say, contrairement à ses copains, on lui refuse le droit de redoubler sa terminale, "ma mère était aide-soignante à l'hôpital des enfants malades, les autres étaient des fils de PDG".

C'est donc sans diplôme qu'il commence sa vie active avec des petits boulots, vendeur, moniteur de colo, "ça c'était super!" puis devient employé de bureau, d'abord dans les assurances puis dans la banque. "Dans ma première boite, la directrice est partie menottes aux poignets, elle avait détournée des millions de francs! Après ça a été plus calme, mais j'ai toujours bien rigolé". Entre-temps, il y a l'armée, en plein mai 68. "J'ai organisé une grève avec des copains et je viens d'apprendre que mon témoignage est publié par Médiapart pour l'anniversaire des 50 ans de Mai 68." 

50e anniversaire de Mai 1968

Tous les événements parisiens sont là!

évènement terminé

Finalement, Patrick ne reprendra pas ces études comme il le souhaitait et fera carrière dans la banque. "Mais ça n'a pas été si facile d'y entrer. A l'époque, on faisait des enquêtes de moralité sur plusieurs mois avant d'embaucher quelqu'un, on allait voir les commerçants, les concièrges. Aujourd'hui, c'est plus rapide avec Facebook!" Grâce à ses premiers salaires, il trouve un appartement dans la rue où il a grandi, à deux pas de chez sa mère. 

Nous avions rencontré la maman de Patrick en 2012 à la veille de ses 100 ans

Le site Que Faire à Paris utilise des cookies pour le fonctionnement des boutons de partage sur les réseaux sociaux et la mesure d’audience des vidéos et des pages du site. En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez leur utilisation. Pour mieux comprendre notre politique de protection de votre vie privée, rendez-vous ici.

accepter

Dans ce nouvel immeuble, une ambiance joyeuse et participative se met vite en place. "On a commencé par repeindre ensemble les parties communes et puis rapidement, on a décidé de se monter en association pour gérer nous même la copropriété", un système qui perdure encore aujourd'hui.

2
Le QG de l'époque
Miroirs biseautés, comptoir à l'ancienne, un beau café qui est là depuis toujours et qui a été restauré en gardant l'esprit originel.
Au roi du café
59 Rue Lecourbe
Paris 15E
roi-du-café
3
Le QG d'aujourd'hui
Un bar jeune et pas cher. J'y vais tous les matins pour prendre mon café allongé avec les copains du quartiers, et parfois le midi, surtout quand ils font leur fameuse blanquette!
Le Général Beuret
9, place du Général Beuret
Paris 15E

Bien qu'il soit à la retraite à présent, Patrick reste hyperactif et se consacre désormais à la formation et à son association A.P.I.C.A.S. qui a pour but d'aider les salariés, un genre de coaching en psychologie, sociologie, communication et droit du travail. Il n'est pas rare de le trouver en grande conversation à la terrasse du Général Beuret, son deuxième bureau. Dans le quartier, Patrick est connu comme le loup blanc, chaque soir avec son compagnon, ils font le tour du village et saluent les copains du quartier: commerçants, voisins et toutous du coin.

4
Ma boulangerie
Vous pourrez le lire sur le parapluie qu'elle m'a offert: ma boulangerie, c'est Pichard! Prenez leur baguette Pichard, pas trop cuite et mangez la tiède. C'est horrible comme c'est bon.
La Maison Pichard
88 Rue Cambronne
Paris 15E
Place du Général Beuret
5
Le coeur de mon Village
Cette place triangulaire et arborée avec au centre une fontaine Wallace est le centre de ma géographie.
Place du Général Beuret
place du Général Beuret
Paris 15E
6
Ma librairie
Ils sont très sympa, c'est là que j'achète des bouquins et j'y fais mes cadeaux.
La vingt-cinquième Heure
8 Place du Général Beuret
Paris 15E

Pour se mettre au vert, Patrick et son compagnon prennent les transports en commun, "grâce au pass Navigo, on part faire des balades en Ile-de-France, nous allons dans la Vallée de Chevreuse, ou en forêt de Rambouillet. Nous ne ratons jamais le Pari Fermier, 2 fois par an à la Bergerie nationale. La-bas nous nous sommes fait des amis producteurs de la France entière, on s'est même fait inviter par certains pour les vacances!"

PARI FERMIER

Bergerie nationale de Rambouillet
Parc du Château, 78120 Rambouillet

Du samedi 5 mai 2018 au mardi 8 mai 2018

payant
évènement terminé

Vous l'aurez compris, partout où Patrick passe, la morosité trépasse. Que peut-on lui souhaiter pour la suite? "Un ascenseur, car je pense rester dans ce quartier toute ma vie, à moins que d'ici là ont ait des drones pour nous monter jusqu'au 5è étage!"

Newsletter
Chaque semaine, recevez un bon plan et votre semaine en un clic !